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SARKOZY CONTRE LES SYNDICATS : LE COUP DE BOULE DE ZIDANE ?

2 min

Est-ce une bouffée de colère, qui n’est pas bonne conseillère, comme chacun sait, ou est-ce une stratégie mise au point par quelques conseillers ?

En tout cas les accusations de Nicolas Sarkozy contre la CFDT, hier, après la CGT, il y a dix jours, à propos des sidérurgistes de Florange, feront date dans la campagne. Elles sont le point culminant d’une offensive contre les corps intermédiaires. S’il renverse la vapeur et qu’il est réélu on attribuera une partie de la victoire du candidat sortant à sa capacité à « briser les tabous ». S’il n’y réussit pas, et qu’il est battu le 6 mai, cet épisode apparaîtra comme un signe avant coureur d’une perte de lucidité, un peu l’équivalent du coup de boule de Zinédine Zidane sur la poitrine de Marco Materazzi.

Le pari est osé car le corps intermédiaire que représentent les syndicats n’a pas le même statut dans l’opinion que celui des magistrats, par exemple. Les Français ont des relations variables avec la justice, exaspérés parfois, reconnaissants de temps en temps, mais toujours impressionnés, donc forcément distants.

Au contraire ils se sentent proches des syndicats. Si le nombre de syndiqués est faible en France, la confiance est plutôt grande, en dépit des fâcheries, des méfiances, ou des soupçons qui ont pesé ça et là à propos de leur financement.

Quand on les interroge, les Français disent plutôt que les syndicats ne les représentent pas si mal que ça, d’autant que les virages pris par la CFDT de Jacques Chérèque puis par la CGT de Bernard Thibault depuis les années 2000 les portent plutôt vers la négociation que vers la révolution. Il fut un temps où l’Elysée parlait d’ailleurs de lune de miel avec le Président, c’était au début du mandat, l’époque d’avant Patrick Buisson, quand Raymond Soubie était le conseiller aux affaires sociales.

Les syndicats sont donc une cible difficile, mais les sidérurgistes aussi. Or il y a une dimension personnelle dans cette altercation. En ciblant des syndicalistes accusés d’être des permanents, sous entendus des gens qui ne travaillent pas, mais en s’en prenant dans la réalité à de tout petits salariés malmenés par la crise, celui qui se présente comme le candidat du peuple a pris le risque de jouer à contre emploi. Le style de son attaque, d’homme à homme en quelque sorte, rappelle dans son esprit celui de la scène célèbre du port du Guilvinec, vous vous souvenez...

Pris à partie par un pêcheur, le Chef de l’Etat avait lancé : « C’est toi qui a dit ça, ben descend si tu veux le dire ».

Il y avait deux protagonistes, un anonyme en colère, et un Président sous bonne escorte, et ce jour là le plus haut n’avait pas semblé le plus grand…

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