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Sarkozy, Depardon, et le pari de Moscovici

3 min

Trois événements dans l’état d’apesanteur préélectoral. Deux anecdotes, qu’on oubliera très vite, et un pari économique, qui pèsera sur le destin du quinquennat.

Les deux petites histoires concernent l’ancien président et le nouveau.

Depuis dimanche, Nicolas Sarkozy fait du bruit sur le mode silencieux. Il fait savoir qu’il est discret. Il se remet dans le jeu en laissant dire qu’il n’y reviendra pas. On le voit partout dans sa tenue de sportif, photographié à l’insu de son plein gré. Son retour, il n’y pense pas en se rasant, puisque sa barbe est de trois jours, mais des images en boucle évoquent l’aménagement de son futur bureau au Conseil constitutionnel. De même, tous ses amis, Guainot, Guéant, Hortefeux, répètent en chœur ce qui ressemble à un élément de langage : « Sarkozy se tient éloigné durablement de la vie politique ». Mais des floppées d’articles décrivent en même temps son installation dans ses locaux d’ancien président, son premier visiteur a d’ailleurs été l’omniscient Alain Minc…

Pendant ce temps François Hollande, lui, a dévoilé sa photo officielle. On attendait du Depardon, c’est à dire du très beau, et on du banal, pour ne pas dire de l’amateur. Le nouveau Président, perdu dans un décor de gazon, fait irrésistiblement penser à la chanson de Jacques Brel, « les timides », avec ses bras ballant, et son air de tenir « une valise dans chaque main ». La photo a immédiatement été détournée sur Internet. L’élu du 6 mai s’est retrouvé en tee-shirt à rayures, ou menacé par un 4x4 qui fonce sur lui, ou squatté par Morano qui passe la tête, ou accompagné par les pique-niqueurs du célèbre déjeuner sur l’herbe d’Edouard Manet…

Ces deux événements, le retour claironnant du nouveau silencieux, et la photo normale du normal officiel ont donc fait beaucoup parler.

Mais le fait marquant du jour est beaucoup plus déterminant. Après une rencontre avec le commissaire européen aux affaires économiques Olli Rhen, Pierre Moscovici a assuré que la France parviendra à réduire son déficit à 3% en 2013, sans mesures d’austérité.

C’est hardi. Les 3% consistent à dépenser moins, ils sont une exigence ancienne, datant du traité de Maastricht, tandis que la volonté de relance est une priorité nouvelle, consistant à investir, donc à dépenser.

La réduction drastique du déficit a conduit aux mêmes conséquences partout, avec des degrés divers, en Grèce, au Portugal, en Italie, en Espagne : austérité et récession.

Mais la France s’engage sur cet « assainissement » (entre guillemets), qui consiste à freiner, tout en maintenant sa volonté de relance, qui consiste à accélérer. Cette promesse de se remettre sur des rails anciens, ceux de Maastricht, pour emprunter des chemins neufs, ceux du 6 mai, est de loin la plus risquée du discours présidentiel.

Il s’agira d’être carré sur le budget, et rond sur la relance. Autant dire de venir à bout de la quadrature du cercle…

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