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Sarkozy, le retour... dans les ruines d'Hiroshima

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L’express ne pouvait pas mieux dire : pour revenir, Il revient ! Pas tant en politique, puisqu’il n’en est jamais parti et qu’il est en cinquante huitième semaine depuis mai 2012. Non, le come back est d’abord un retour de manivelle. Affaire Guéant le lundi, affaire Tapie le mercredi, si ce n’est pas le Big One c’est au moins un séisme. Bien-sûr, la prudence et le respect des personnes oblige à rappeler l’évidence. La justice ne poursuit pas des coupables, mais des prévenus potentiels, et ces prévenus sont innocents tant qu’ils n’ont pas été jugés. Mais le temps judiciaire est une chose et le temps politique en est une autre. Or ce temps politique est clairement à la tempête pour l’ancien Président vers qui convergent toutes ces affaires. Pourquoi ? Par l’abondance des dossiers bien-sûr. Sondages de l’Elysée, Karachi, comptes de campagne, et naturellement les deux temps forts de la semaine : d’abord l’argent liquide qui circulait au ministère de l’Intérieur de 2002 à 2004, et ensuite cet arbitrage qui a conduit à donner à Bernard Tapie la somme colossale de 403 millions d’euros d’argent public. Mais au-delà du nombre des affaires, il y a le contexte. Quand un scandale éclabousse un politique, la défense classique, devant l’opinion publique, est de crier au complot, ce que ne manque pas de faire l’UMP, en mettant en cause les juges ou le pouvoir socialiste. Or Le problème c’est Jérôme Cahuzac Non seulement la justice n'a pas épargné ce socialiste, mais les deux déclencheurs de affaires d’aujourd’hui ne sont pas contestables. L’un est politique c’est le député centriste Charles Amédée de Courson, qui bataille depuis le début contre cet arbitrage. Charles de Courson se consacre-t-il à un règlement de compte nourri d’antisarkozysme obsessionnel. L’accusation ne tient pas. De Courson préside aussi la commission parlementaire sur Jérôme Cahuzac, il n’est donc pas monomaniaque. Le second déclencheur c’est Mediapart. Longtemps l’UMP a accusé ce journal en ligne de ne pas chercher la vérité mais d’inventer des scandales contre la droite. Il se trouve que ses enquêtes sont tellement charpentées qu’elles ont fait tomber Jérôme Cahuzac et donc d’abord mis le bazar à gauche. Finalement la seule consolation pour les amis de Nicolas Sarkozy c’est encore les parlementaires socialistes. Ils désossent en ce moment la loi sur la moralisation voulue par leur Président, et dans ce bombardement d’affaires accablantes, qui nourrit forcément les colères de l’opinion, leurs scrupules de chaisières a un petit air de congrès d’urbanistes dans les ruines d’Hiroshima.

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