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Sarkozy remonte au front

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Depuis plusieurs semaines déjà, Nicolas Sarkozy a décidé de revenir dans le jeu politique, en se ménageant, si c’était trop compliqué, la possibilité de rester à l’écart. Pas de jour sans qu’il ne donne d’interviews à la presse en les faisant passer pour des confidences de conseillers, comme il le faisait à l’Elysée.

Ce retour intervient au moment où l’UMP organise une primaire pour choisir le président du parti, ce qui provoque une situation assez originale : Les successeurs potentiels de Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé et François Fillon, font campagne pour occuper le siège de leur prédécesseur, lequel signale de plus en plus nettement qu’il n’a pas cédé la place.

Cela provoque naturellement un certain nombre de surenchères et de tensions, sur fond de course à l’ultra droite. Le dernier éclat en date remonte au bureau politique d’hier. Les partisans de la motion dite de « La droite forte », issue d’une radicalisation du mouvement de « la droite populaire », déjà très radicale, ont informé leurs collègues du dépôt de la marque « génération Sarkozy » à l’institut national de la propriété industrielle, et souhaité que cette mention figure sur leurs bulletins de vote.

La levée de boucliers a été naturellement très forte. Le corps électoral étant composé par les 240 000 adhérents de l’UMP, et ces adhérents étant réputés très sarkozystes, on sait que tous les candidats, et toutes les motions au congrès, se réclament de l’ancien président.

  • « On défend tous le bilan et les idées de Nicolas Sarkozy, mais ce qu’on refuse c’est que certains les instrumentalisent à leur profit »* s’est écrié Laurent Wauquiez, qui présente sa motion mais soutient François Fillon.

    Finalement personne n’aura le droit de se réclamer de M. Sarkozy, ce qui ajoute du sel à une course où tout le monde s’en réclame, et où l’intéressé n’y participe pas tout en y participant.

    Au-delà de ce magma tactique, des lignes commencent à se dessiner.

    Premièrement, des deux candidats à la présidence, François Fillon est celui qui revendique le plus d’autonomie par rapport à l’ancien Président de la république, et qui reçoit en même temps le plus d’appui de ses fidèles les plus proches. Claude Guéant a ainsi décidé de la rejoindre.

    Deuxièmement, les courants qui se revendiquent le plus fort de Nicolas Sarkozy se situent sur l’aile droite, la fameuse ligne Buisson favorable au rapprochement avec le Front National, et les surenchères de la campagne les conduisent à amplifier ce mouvement.

    Ainsi, plus Nicolas Sarkozy revient, et il revient, et plus ses partisans déclarés le portent vers une frontière délicate. Celle qui sépare l’UMP du parti de Marine Le Pen. C’est la limite et le danger de ce retour qui s’affiche sans se déclarer. A la vitesse où vont les choses, dans six mois ses partisans l’auront transformé en inspirateur d’un parti tellement à droite qu’il se pourrait se casse au centre.

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