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Soins intensifs pour un malade imaginaire ?

2 min

« Indigne », c’est le grand mot du président sortant depuis quarante huit heures. Le nouvel élément de langage repris par ses principaux soutiens, comme Henri Guaino hier matin sur France Culture.

Quelle est cette indignité, c’est à dire ce manquement déshonorant à la morale publique ? S’agit-il de la rémunération de Maurice Lévy le patron de Publicis, telle qu’elle a été révélée hier matin par le journal « Les échos » ? M. Lévy va toucher 22 millions d’euros en cette heureuse année 2012, 1 million 800000 euros par mois. En gros la rémunération de 18 000 salariés payés au Smig.

Non, ce n’est pas cela qui est indigne.

Est-ce alors l’hypothèse, évoquée hier, de la diffusion par Al Jézira, et peut-être d’autres télévisions, des vidéos tournées par le tueur pendant ses assassinats.

Non. Cette diffusion n’aurait pas été indigne, elle aurait été ignoble. Elle aurait déshonoré les chaines qui s’y seraient prêtées pour des raisons d’audimat.

Ce n’est donc pas ça… Ce qui est « indigne » et « indécent » depuis deux ou trois jours, c’est de poser des questions sur l’affaire Mohamed Merah. Question sur la conduite de l’enquête, sur l’épilogue, et question sur le fait de savoir si cette affaire révèle des choses sur la société française.

Le candidat sortant a répété cet adjectif, hier à Nantes, en dénonçant ceux qui ont « alimenté la mèche de polémiques honteuses », et cela au moment-même où l’ancien patron de la DST, Yves Bonnet étayait l’hypothèse que Merah ait pu disposer d’une certaine liberté de manœuvre parce qu’il était un indic de la direction centrale du renseignement intérieur, la DCRI…

On savait qu’il y a des questions à côté de la plaque, des questions qui ne tiennent pas debout, des questions orientées, des questions absurdes, on y répond en trois mots, mais on apprend qu’il y a aussi des questions "indignes", c’est-à-dire tellement sales qu’elles n’appellent aucune réponse.

Encore que

Car les réponses sont arrivées dans la foulée de ce discours sur l’indignité. Le Président candidat a d’abord demandé à la DCRI de « vérifier de façon approfondie la situation sur notre territoire de toute personne susceptible de présenter un risque potentiel ».

Est-ce donc qu’on ne l’a pas fait à Toulouse, et qu’il y a eu une faille, pour qu’il soit soudain nécessaire de revisser les boulons ? La question étant indigne, nous ne la poserons pas.

Le candidat UMP a aussi durci le ton contre les prédicateurs, les extrémistes, ceux qui font l’apologie du terrorisme sur Internet ou ceux qui visitent leurs sites.

Est-ce donc qu’il existe en France un terreau qui peut conduire à des dérives ?

La question est honteuse. La France n’est pas malade. La preuve, à Nantes, le Président a proposé toute une batterie de remèdes.

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