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Sommet social : une boîte de Pandore à double fond

2 min

C’est une boîte de Pandore que le Premier Ministre ouvrira ce matin, avec sa consultation des syndicats, notamment à propos les retraites.

Une boîte de Pandore, comme l’a dit Jean-François Copé, car inévitablement les tensions provoquées par la réforme de 2010, dans le climat qu’on sait, pourraient trouver une occasion de se régénérer.

Le projet de François Hollande est pourtant balisé : il s’agit seulement, dans son programme, de permettre à ceux qui ont cotisé assez longtemps, donc en gros à partir de 18 ans, de pouvoir s’en aller à 60 ans, mais tous les syndicats ne l’entendent pas de cette oreille arithmétique. Plusieurs d’entre eux voudraient bien qu’on prenne aussi en compte les mois ou les années de chômage, en rajoutant pour les femmes les trimestres de grossesse.

L’ambigüité politique du candidat devenu président, à savoir revenir aux soixante ans sans y revenir vraiment, était habile dans la conquête du pouvoir, mais elle devient délicate au moment de l’exercer.

Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de soulever un couvercle qui avait été fermé de force, et surtout parce que les frustrations qui ont fermenté depuis lors, expliquent, au moins en partie, qu’on en soit arrivé là, avec d’un côté de la table des partenaires malmenés, et de l’autre un pouvoir qui n’est plus le même.

Cette réunion est donc une forme de réplique à un séisme vieux de deux ans : si elle a lieu, c’est qu’un couvercle a sauté, le 6 mai dernier. Ce qui n’a pas été entendu à l’automne 2010, s’est exprimé dans les urnes au printemps 2012. Les partenaires sociaux ont eu la peau présidentielle de celui qui se faisait fort de promener leur dépouille syndicale.

Car la boite à Pandore était à double fond. Premier fond : les revendications, celles qui pourraient resurgir. Elles ne portaient pas sur le cœur de la réforme, c’est-à-dire sur l’allongement de la durée du travail, mais sur les aménagements, les adoucissements, les angles à arrondir.

Ces accommodements n’étaient pas majeurs, ils étaient même symboliques, et c’est là que se situe le deuxième fond de la fameuse boite à malice. Nicolas Sarkozy a transformé le refus de ces concessions mineures en symbole majeur de sa puissance politique. Il a dit : « je ne cèderai pas », sans savoir qu’il confondait « céder » et « concéder ».

On connaît la suite. Le dialogue rompu, les rancunes, l’humiliation des partenaires sociaux, et dans le programme du candidat sortant l’idée de se passer des corps intermédiaires, donc aussi des syndicats.

Sur le papier, derrière les murs de l’Elysée, ce divorce a pu sembler viril. Dans la vraie vie ce fut une autre histoire, et c’est cette autre histoire qui recommence, ce matin, pour le meilleur et pour le pire, parce qu’elle est nécessaire. Dans une démocratie le dialogue entre la tête et les jambes est sans doute le pire des systèmes, mais à l’exception de tous les autres…

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