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Sur l'écran noir sur nos nuits grecques...

2 min

« Imagine » aurait chanté John Lennon, qui n’y serait pas arrivé, car ce n’est pas imaginable. Imaginez qu’un gouvernement annonce la fermeture de ses télévisions et de ses radios publiques, d’une heure à l’autre. Ecran noir et silence. Vous pensez à la Grèce, bien-sûr, où cela s’est passé hier soir. Mais imaginez maintenant que cet événement ait eu lieu à Istanbul, en Turquie, et comment l’Union européenne aurait reçu l’information. Elle aurait suffoqué d’indignation. Elle aurait parlé d’acte de dictature et d’obscurantisme.

Il se trouve que cet acte a été commis en son nom.

Au moment où une partie des socialistes français remet la pression sur la relance en Europe, et demande à François Hollande d’être plus dur en affaire avec la chancelière allemande, cette affaire grecque, hautement symbolique, ne peut qu’enflammer le débat, à l’approche du sommet des 27 et 28 juin. Il y avait du monde parmi les frondeurs parisiens d’hier soir, à l’assemblée nationale, avec parmi les présents le Président de l’Assemblée, Claude Bartolone, ou le Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg…

Encore et toujours la question des conséquences des politiques de marche forcée vers le retour aux équilibres budgétaires. En France les impôts rentrent mal, les recettes de TVA ne sont pas celles que le gouvernement espérait, ce qui un effet de la panne de croissance qui frappe l’ensemble de l’Europe, Allemagne comprise.

Une querelle encore envenimée par les aveux à répétition du FMI, qui ne cesse de rappeler que les politiques d’austérité étaient fondées sur des équations fausses.

Qu’à cela ne tienne. Ce qui n’est plus un doute mais une certitude, à savoir que l’Europe est malade de ses remèdes de cheval, ne change pas d’un iota les politiques d’austérité déjà en cours. Elles se poursuivent et s’amplifient en Grèce, de manière systématique et désormais spectaculaire.

Voilà que pour aller mieux un pays a tellement tranché, tellement taillé, tellement privatisé, tellement vendu tout ce qu’il possédait de biens collectifs, tous ses bijoux de famille, qu’il n’arrive plus à se débarrasser de sa compagnie gazière, et qu’il ferme par contrecoup son audiovisuel public, du jour au lendemain, pour trouver l’argent qu’on le somme de rembourser, et virer les agents qu’on l’oblige à renvoyer.

Voilà, pour être encore plus clair, qu’un pays européen, le berceau de ce continent, la nation la plus ancienne, a pour ainsi dire renoncé à rester un pays pour devenir un simple espace, comme l’Union européenne.

Le fait national étant ce qu’il est, c'est-à-dire incompressible et dangereux quand il est bafoué, il serait étonnant que l’événement d’hier n’ait pas de conséquences majeures

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