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Syrie : le Parlement réduit à la dissertation

2 min

Sauf le Front National dont les chefs héréditaires ont toujours soutenu les dictateurs arabes, la classe politique française aborde le débat sur la Syrie avec un certain embarras, voire une certaine confusion. Tout se mélange et le cratère de l’assemblée nationale résonnera cet après midi de réflexions éthiques et géopolitiques, sans doute intéressantes, mais également de postures tacticiennes de niveau plus terre à terre.

Tout le monde est à peu près d’accord avec le diagnostic, et la plupart des prises de position commence d’ailleurs par la même proclamation : « le gazage des populations civiles est insupportable et ne peut pas être supporté ». C’est ensuite que les choses se compliquent. Car une partie, voire une majorité des parlementaires énumère aussitôt des objections contre une intervention, même limitée, ou pas tout de suite, ou pas comme ça, ou pas maintenant.

Au Front de gauche, chez les écologistes, et parfois même dans les rangs du PS, comme à l’UMP avec François Fillon ou Alain Juppé, on met en avant les risques à l’intérieur de la Syrie comme dans tout le proche orient, on demande un effort diplomatique en direction de la Syrie ou de l’Iran, et l’on constate qu’en croyant aller vite la France de François Hollande s’est précipitée, et se retrouve isolée, dans l’attente de la décision du congrès américain.

D’autres fluctuent, tel Jean-François Copé qui avait approuvé dans la forme et dans le fond le discours initial de François Hollande, et qui prend ses distances en fonction des sondages.

Les clivages n’opposent pas les partis mais les divisent plutôt, dans un dilemme où la nécessité d’agir vient buter sur l’obligation d’attendre.

En fait ce qui paralyse le débat tient à deux fantômes qui rôdent. Le premier c’est la crainte de favoriser la peste en combattant le choléra, c'est-à-dire de choisir entre un dictateur innommable et des extrémistes qui ne valent pas mieux.

Le deuxième fantôme est un péché originel, un crime qui remonte à la guerre d’Irak. Il s’agit naturellement du mensonge d’Etat à propos des armes de destruction massive. L’image de Colin Powell brandissant sa fiole devant l’Onu jettera pendant des siècles un doute sur toute intervention militaire voulue par l’Occident.

L’hésitation, et le malaise, sont si déstabilisants que le débat diplomatique a changé de nature. Il a dévié sur une question franco-française : le parlement doit-il voter ?

Au point où nous en sommes la réponse est évidente et elle est positive. Oui il le faut. A force de brasser des thèses et des antithèses les travaux du parlement en sont réduit au confort du commentaire et de la dissertation. Un vote rendrait le personnel politique à sa mission, et à sa fonction, c'est-à-dire au devoir de choisir.

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