LE DIRECT

Tapie : La Provence en attendant Marseille

2 min

On peut avoir connu la prison et devenir un leader d'opinion. La preuve : Bernard Tapie. Incarcéré à Luynes pour avoir acheté un match, il revient à Marseille quinze ans plus tard, à la tête d'un grand journal.

Personne ne pourra dire que la France est dure avec les faibles. On peut avoir connu la prison et devenir un leader d'opinion. La preuve : Bernard Tapie. Incarcéré à Luynes pour avoir acheté un match, il revient à Marseille quinze ans plus tard, à la tête d'un grand journal.

Le parcours de l'ancien multi-PDG, devenu Président de l'Olympique de Marseille, puis député radical de gauche, avant de virer Sarkozyste, passionne les Marseillais qui ont toujours été sensible à ce genre de personnalité, pas modèle de vertu mais forte en gueule et en bagout.

Il est de retour sur le Vieux Port et le personnel politique fait mine de se poser une question. Est-il revenu pour diriger un groupe de presse ou pour s'emparer de la mairie ? Chacun connait la réponse. Le journal n'est bien évidemment qu'un tremplin pour une revanche. Tapie est tombé sur l'affaire OM-VA au moment ou l'hôtel de ville paraissait tendre les bras à son Yacht le Phocéa. Après le titre de champion d'Europe remporté par son club il semblait imbattable, mais comme dans l'empire Romain la Roche Tarpéienne, c'est à dire la prison, était à deux pas du Capitole local.

Dans les années 80, quand il avait débarqué dans les instances du club de foot, Gaston Defferre lui avait dit : "Je suis le maire de l'OM", et Tapie avait compris : "Je serai maire par l'OM. Mais il avait chuté. Echec et mat avait pensé Jean-Claude Gaudin.

Et le revoilà, encore une fois sur la trace de Defferre. Car le journal La Provence c'était autrefois Le Provençal, et le provençal c'était l'outil de pouvoir de Gaston Defferre, directeur implacable, qui se faisait lire tous les soirs les papiers à la une de son journal, en les réécrivant, ou en refaisant les titres. Comment imaginer que Tapie se saisisse de l'outil sans songer au pouvoir !

Donc ce retour de l'ancien prisonnier agite une ville traumatisée par des règlements de compte et des violences à la chaîne. Il affole aussi les politiciens du département, incapables de s'entendre, repliés sur leurs clochers, et dont le chef de file, Jean-Noël Guérini, est soupçonné de corruption. L'Etat les réunit aujourd'hui pour les contraindre au rassemblement dans une grande métrople. Le problème c'est que cet État ne parait pas dominateur. L'État Sarkozy a réarmé le bras le bras de Bernard Tapie en lui offrant les centaines de millions qui ont payé son retour. Et L'état Hollande a tout fait pour empêcher son retour mais en vain.

Autant dire que Tapie doit se sentir le patron. Il ne participera pas à la réunion au sommet qui se tient ce vendredi à Marseille, avec les ministres et les élus locaux, mais il aura le dernier mot, publié dans son journal.

L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Journaliste

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......