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Tarifs du train : les folies de la SNCF

2 min

Ouille… C’est comme une tradition de Noël. Chaque année Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, annonce des promotions sur ses tarifs, et il vient d’en lâcher une. C’est donc que ça va saigner. En vingt ans de billets prem’s, d’abonnements à taux réduits, de tarifs loisirs et découverte, le train de service public est devenu en France un produit de grand luxe, ce qui pose un problème politique…

Cette année M. Pépy a profité de la grève des cheminots qui commencera demain soir pour sortir nos étrennes de sa hotte.

Premièrement, malgré la grève, six ou sept trains sur dix seront en circulation.

Deuxièmement, et ça n’a rien à voir, les tarifs n’augmenteront pas au premier janvier. Ce qui veut dire qu’ils augmenteront, de trois pour cent, mais en raison de la hausse de la TVA, ce qui n’est pas la même chose.

Enfin, sans doute pour compenser l’effet de la bonne nouvelle, la totalité des billets sera vendue au prix le plus bas le 1er janvier, « car la crise est dure » commente le PDG de la SNCF.

C’est sympathique pour les familles. Elles pourront faire des économies, à condition de voyager le 31 décembre à partir de 20 heures, donc à l’heure du réveillon, 29 euros pour un Paris Marseille, et repartir le 1er de l’an, car le jeudi 2 janvier la plupart le Marseille-Paris, en deuxième classe, évolue entre 100 et 150 euros, soit sensiblement plus cher que le billet d’avion.

Ce petit tour de passe-passe serait anecdotique s’il ne concernait pas un vecteur majeur de l’aménagement du territoire, le rail, et s’il ne résumait pas à lui seul l’approche commerciale de ce service public. Elle consiste à offrir des services abordables quand le public en a besoin, et en les rendre inaccessibles quand ils sont indispensables.

Cette politique est résumée par une expression anglaise, empruntée au transport aérien : le Yield management, ou tarification en temps réel. Il s’agit de calculer les prix en fonction de l’affluence. Quand la demande est forte, les billets deviennent plus chers.

Conséquence, les français travaillant dès le lundi, et les exigences de la mobilité les obligeant souvent à se déplacer, les trains du dimanche soir et du lundi matin coûtent le prix du caviar. Et comme, allez savoir pourquoi, ils songent à rentrer chez eux le jeudi ou le vendredi, le phénomène est identique. Pour bénéficier du service public du rail, ces français feraient mieux de revenir le samedi après midi, et d’en repartir le dimanche, au lever du soleil.

Mais ne soyons pas injustes. La SNCF moderne offre tout de même des prix intéressants, le mardi et le mercredi après-midi, et les retraités en profitent bien. Quant aux urgences il suffit de s’y adapter. De s’y prendre à l’avance, pour que ce soit moins cher. Ainsi, quand la vieille tante, ou les vieux parents feront un malaise brutal, impliquant un déplacement de leurs enfants, ils n’auront qu’à le programmer quelques semaines auparavant…

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