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Taubira, Montebourg, des voyous et des voyous...

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Beaucoup de voyous dans l’actualité de ce matin, mais pas traités de la même manière. Les voyous qui font monter au créneau l’UMP sur le thème du laxisme, contre le plan de Christiane Taubira. Et le voyou Maurice Taylor, patron de l’entreprise américaine de pneus Titan, qui vient d’insulter les syndicats et les salariés français, et que la droite ne condamne pas, voire soutient dans une certaine mesure …

Christiane Taubira considère donc que « la prison ne peut pas être la seule peine de référence » et propose une douzaine de mesures axées sur des sanctions qui seraient purgés ailleurs. Pour l’UMP, selon Bruno Bechizza, Mme Taubira « crée un véritable sentiment d’impunité chez les voyous ».

C’est un débat droite-gauche classique, voire caricatural. La droite de l’ordre et des victimes contre la gauche accusée de laisser faire, et de se soucier du sort des agresseurs plutôt que du préjudice, ou du malheur des agressés.

Mais dans le même temps, un autre voyou fait la une de la presse, et le traitement n’est plus le même. Il s’agit d’un grand patron, connu aux Etats-Unis pour ses discours musclés, et qui vient d’écrire à Arnaud Montebourg qu’il ne rachèterait pas l’usine de pneus Goodyear car « les salariés discutent pendant trois heures et travaillent pendant trois heures », qu’ils le font par l’intermédiaire « d’un syndicat fou » et la lettre se termine ainsi : « Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer les salariés moins d'un euro l'heure, et exporter tous les pneus dont la France aura besoin. Vous pouvez garder vos soi-disant ouvriers », fermez le ban.

Arnaud Montebourg a répondu hier, en dénonçant des propos extrémistes et en promettant un zèle douanier, alors que le futur patron de la CGT, Thierry Lepaon, a demandé à François Hollande de « faire respecter les citoyens de son pays ».

Comment a réagi la droite ? Par un silence assourdissant, et par les propos de l’ancien président de l’assemblée nationale, Bernard Accoyer. Il concède que la lettre du PDG est « moqueuse, caricaturale, mais pas totalement infondée », et que « le grave problème de compétitivité de la France est liée, je cite, à la responsabilité de certains syndicats extrémistes et jusqu’au-boutistes »…

Sans doute M. Accoyer dira-t-il qu’on ne peut pas comparer, et que le terme de voyou est abusif à propos de M. Taylor, et que c’est même son usage irresponsable par M. Montebourg qui fait fuir les chefs d’entreprise.

C’est pourtant Jacques Chirac qui a parlé le premier de « Patron Voyou » en 2003, et Nicolas Sarkozy qui a repris la formule à Toulon, je la rappelle : « Mes chers amis, ça ne peut plus durer le petit voyou et le patron-voyou qui restent impunis ».

Pas de quartier, avait-il promis ! C’était en 2007.

En 2013, le discours est identique, mais ça dépend des quartiers…

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