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TOULOUSE : LE TEMPS DES QUESTIONS

2 min

Selon que vous soyez etc. etc., vous connaissez les vers célèbres de Jean de La Fontaine. L’affaire Mohamed Merah offre un saisissant exemple de la relativité des jugements en fonctions des temps et des situations.

Passons sur l’intervention du Raid, c’est une question technique, et il serait trop facile, dans le confort d’un salon ou d’un studio, de reconstituer ce qui a pu se passer dans quelques mètres carrés où se sont échangés des centaines de projectiles potentiellement mortels.

D’autant que la question la plus cruelle de cette affaire accablante, ne concerne pas l’épilogue, mais son déroulé dans le temps. Les deux frères étaient suivis par la justice, le nom de leur mère est apparu dès le samedi 17 mars, c’est à dire deux jours avant les assassinats dans l’école juive, ils étaient connus des services secrets chargés de la lutte contre le terrorisme, ceux-là même qui ont frappé à toute vitesse quand il s’est agi de mettre à jour le nom de l’informateur d’un journaliste du Monde dans l’affaire Bettencourt…

Il y a eu, de fait, pour des raisons diverses « une faille » dans la chaine de décision, selon le mot d’Alain Juppé. Cela peut malheureusement arriver. Aucune organisation humaine, même la plus sophistiquée, ne peut garantir à cent pour cent que la bonne décision soit prise au bon moment.

Mais comparons avec d’autres affaires récentes. Des affaires de récidive, dans lesquelles des personnes condamnées et repérées, autant que Mohamed Merah, avaient été jugées assez peu dangereuses pour être libérées. Ces personnes, des violeurs récidivistes, théoriquement suivies autant que Merah était filé par la DCRI, ont tué dans le Nord, ou en Loire Atlantique, à la colère définitive du chef de l’état qui a parlé de « faute » des juges. Il n’a pas été question, à cette occasion, de nuances ni de complexité de la tâche. La condamnation sommaire se voulait à la hauteur du malheur des victimes. La nuancer c’était tomber dans la complaisance envers les agresseurs, alors que les mêmes questions, les mêmes doutes, sur les retards éventuels de l’enquête de Toulouse sont aujourd’hui considéré comme un manquement à l’unité nationale.

L’idée de la faute des juges a d’ailleurs trouvé un écho dans l’attaque des corps intermédiaires engagée par celui qui est devenu candidat à sa succession. Les corps intermédiaires responsables de n’avoir pas sauvé des vies en ne prenant pas à temps la décision qui convenait. Or qu’est-ce que la DCRI, sinon un corps intermédiaire ? Et qu’a-t-elle fait sinon de ne pas deviner à temps, et sans doute pour des raisons raisonnables, la dérive d’un tueur en série.

Mais ainsi vont parfois les vérités électorales, variables comme la météo. Pour des événements voisins, au-delà des élections Vérité absolue contre les juges ou les services chargés du suivi judiciaire, mais Mensonge en deçà, et mauvaise foi si l’on évoque la Direction centrale du renseignement intérieur…

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