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Toulouse suite : l'interminable attente

2 min

Ca commence à bien faire…Vingt quatre heures de télévision non stop autour d’un homme seul, un fanatique, un assassin, enfermé dans un appartement cerné par des dizaines et des dizaines de policiers d’élite armés jusqu’aux dents.

Ca commence à bien faire. Voilà ce pensent forcément les français ce matin, à tort ou à raison, même si la gravité des faits, et de la situation, oblige encore à ne pas le dire trop fort.

Il y a comme un conflit, un danger de bug, entre les différents niveaux de ce qui se passe depuis hier matin, c'est-à-dire depuis cet épilogue éclair qui ne finit pas d’en finir.

Ces différents niveaux sont commentés, et sur-commentés depuis vingt quatre heures, il faut bien occuper l’espace des éditions spéciales non-stop.

Il y a le rappel des faits, qui sont abominables.

Il y a les images des obsèques.

Il y l’histoire de ce terroriste qui était repéré, et suivi par les services spécialisés, dont la trace a été retrouvée sur Internet après le premier meurtre, mais qui n’a pas été considéré comme un suspect potentiel, il y a le témoignage du garagiste, le récit de l’intervention, celui de la négociation, l’évocation des risques d’un passage en force, le rappel la nécessité de garder le suspect en vie pour démanteler son réseau, si ce réseau existe…

On parle aussi de la retenue générale des politiques, à quelques exceptions près, on commente la campagne à demi-mot, en décortiquant quand-même les derniers sondages, et en émettant à voix basse des hypothèses sur le nom du candidat à qui pourrait profiter le crime.

Mais il y a un autre niveau, qui va devenir déterminant au fil des heures.

Aussi choquant que cela puisse paraître, cette affaire est devenue un spectacle, d’ailleurs sanctionné par des records d’audience publiés par certaines chaînes. La présence des télévisions d’information en continu a changé l’univers médiatique, c'est-à-dire notre univers. La vie est suspendue à des images presque immobiles, une rue, un immeuble, et des commentaires en boucle. Le pays est paralysé par un maniaque qui en est devenu l’acteur central.

Il y a mille raisons graves, forcément, pour que cet homme ne soit pas maîtrisé tout de suite, et mis à l’ombre, mille raisons techniques pour que la vie ne reprenne pas, pour que la campagne présidentielle soit suspendue à la reddition d’un fou furieux, mais ces raisons ne peuvent pas tenir longtemps. Dans cette affaire il y a le forcené, il y a les techniciens, les policiers, il y a les politiques, mais il y a un autre acteur. Cet acteur ce sont les spectateurs, ils attendent, ils vont finir par réagir comme font tous les spectateurs quand ils sont mécontents.

Ils vont faire du vacarme.

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