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Toulouse : un basculement dans la campagne ?

2 min

C’est une question incongrue, au vu de ce qui se passe à Toulouse, c'est-à-dire l’arrestation possible du tueur des militaires et de l’école juive, mais une question qui se pose encore. La campagne présidentielle va-t-elle reprendre ou s’interrompre ?

La réponse est plus évidente que jamais. La campagne en fait n’a jamais cessé, et ce matin elle se trouve même relancée. Il n’aurait plus manqué, d’ailleurs, qu’un maniaque, un assassin, choisissez le mot qui vous convient, ait privé la démocratie française de l’un de ses rendez-vous fondateurs

Mais cette arrestation, ou cet arraisonnement, va en impacter le cours, et d’une façon profonde.

Des hier des voix discordantes n’ont pas tardé à se faire entendre à mots plus ou moins couverts, notamment avec François Bayrou. La nature électorale de la controverse pouvait se reconnaître au contraste entre ce qui avait été dit, et qui ne cassait pas trois pattes à un canard, et la dimension des réactions suscitées.

Bayrou disait, je le cite, que ce type de folie s’enracinait dans l’état d’une société et dans la société française, en ajoutant que les hommes publics avaient le devoir de veiller à ce que les tensions, les haines, les passions, ne soient pas entretenues.

C’était une banalité, entendue cent fois, notamment après des tragédies qui semblaient similaires, survenues dans des pays étrangers, aux Etats-Unis souvent. Mais nous sommes en campagne, et ces paroles ont été qualifiées d’ « ignobles », carrément, par Alain Juppé d’ordinaire plus mesuré.

Autre chose est apparu dans la journée d’hier, non pas dans les discours mais sur les réseaux sociaux. Des appels au retour de la peine de mort, évidemment. Evidemment parce que l’envie de vengeance est une pente naturelle.

Il se trouve que la démocratie c’est le contraire du naturel. Que c’est une idée, pas une pulsion. C’est même une idée inventée pour encadrer les pulsions. La question était de savoir si sous l’effet de l’émotion publique, les idées du Front national allaient trouver une résonnance supplémentaire.

L’arrestation de ce matin, si tous les faits se confirment, change complètement la donne. Elle évacue au moins provisoirement les interrogations, et parait apporter une réponse efficace, qui met tout le monde d’accord. L’efficacité est celle de la police, le tueur serait mis hors d’état de recommencer, la réponse s’appelle Al Quaida.

Jusqu’à ce soir les faits primeront sur les commentaires, qui reprendront ensuite, et feront de cet affaire un événement pivot dans cette campagne électorale. Ou bien les questions sur la violence et l’incapacité à l’empêcher se maintiendront, et le président sortant en sera gêné, ou bien la réponse de ce matin sera le dernier mot, et il en sera dopé…

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