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Toulouse : un silence dans la campagne

2 min

Etrange mission que d’assurer la chronique politique où moment où Chronos, le Dieu du temps, s’est suspendu dans la campagne, jusque dans la réglementation, puisque le CSA a décidé de ne pas décompter les paroles prononcées par les candidats à propos de l’assassinat des enfants juifs, des enfants tout court, à Toulouse, en France.

On a beau dire que la campagne de 2012 est basse, qu’elle ne vaut pas grand chose, que les hommes et les femmes qui y concourent sont « violents », on le lit et on l’entend tous les jours, leurs comportements et leurs propos ont démontré une retenue dont ils n’ont pas toujours fait preuve dans un passé récent. Ne soyons pas naïf, la campagne ils l’ont adaptée plutôt que suspendue, mais ils ont respecté la retenue imposée par ce deuil national.

En d’autres temps, pas si lointains, le Président sortant de 2002, et sa majorité, n’avaient pas eu les mêmes scrupules vis à vis de leur concurrent, le premier ministre Lionel Jospin, quand un fou avait tiré sur le conseil municipal de Nanterre, et tué huit élus. Le Président candidat de l’époque n’avait pas hésité, à inscrire cet acte insensé dans le thème porteur de l’insécurité, dès les heures suivantes, à Savigny sur Orge : « l'insécurité, avait-il dit, ça va de l'incivilité ordinaire au drame que nous avons connu cette nuit».

  • Un peu plus tard, et le même jour, il avait enfoncé le clou : « Le rôle et l'honneur du responsable politique est de comprendre et de réduire les risques. Un certain nombre de clignotants s'étaient allumés et ils n'ont pas été pris en considération.»* , avait-il lancé dans la campagne, en accusant explicitement son adversaire.

    Dix ans plus tard, la conception de l’honneur en politique paraît avoir évolué et ça n’est pas dommage. L’honneur de 2012 est d’avoir suspendu les invectives, quelques heures au moins, un peu comme on enlevait son chapeau, autrefois, au passage des cortèges funéraires. S’en tenir à la compassion, avant d’en revenir, forcément et très vite aux surenchères de la campagne. Mais se taire un peu, comme on observe une minute de silence.

    Demain ou après demain, il sera toujours temps de se poser les questions du pourquoi, du comment, du climat, du contexte.

    Aucun champ de la vie n’échappant à la responsabilité politique, celui-là moins qu’un autre, des questions seront posées : qui a fait ça et pourquoi, à Montauban, puis Toulouse, puis Toulouse une autre fois, dans cette école, à la manière du tueur de Norvège.

    Bientôt mais pas tout de suite, même si les arrière-pensées affleurent à l’évidence, même si on se demande déjà, en quelque sorte, à qui profitera le crime sur le plan électoral.

    Mais les arrière-pensées sont restés dans les arrière-boutiques et c’est toujours ça de gagné.

En politique, quand les paroles ne se retiennent pas, la société ne se retient plus….

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