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Tout ça pour ça, ou le retour de la maison Le Pen

2 min

> Découvrez notre dossier spécial Présidentielle 2012 Tout ça pour ça. Ce débat sur l’identité nationale, ce discours de Grenoble, cette pluie de lois sécuritaire, cette campagne contre les corps intermédiaires, contre les juges, contre les syndicats, tous ces coups de barre à droite au nom d’une idée fixe inspirée par un conseiller venu du journal Minute, Patrick Buisson, et issue d’une interprétation de la victoire de 2007.

Toute cette droitisation en vue de siphonner l’extrême droite pour se retrouver au soir du premier tour siphonné par une Marine Le Pen requinquée, plus forte que son père en pourcentages, et encore plus forte en voix…

Depuis le temps que la droite était travaillée par la ligne droitière, celle des Buisson, de Peltier, de la Nouvelle Droite installée dans le Sud Est, au nom du réalisme, sous les yeux d’une autre droite, humaniste, qui détestait cette inflexion mais n’osaient pas en parler… Le Président était si sûr de lui… Sa stratégie était si bien calée… Au premier tout je rassemble à droite, au second j’élargirai au centre…

Et voilà qu’au second tout il faudra séduire la droite bleue marine pour espérer des reports qu’on n’a jamais connus, tout en attirant les voix du centre, moins nombreuses mais encore plus nécessaires.

Tout ça parce que le candidat, obnubilé par sa victoire de 2007 s’était dit qu’il devait son élection à l’invention du ministère de l’immigration et de l’identité nationale, qui avait, c’était sa conviction, asséché l’électorat de Jean Marie Le Pen, et l’avait lui-même propulsé à l’Elysée.

Tout indique que cette analyse était à côté de la plaque. Ce qui a fait la bascule en 2007, ce n’est pas l’union de la droite et de l’extrême droite, mais un habile discours, le discours d’Henri Guaino, qui équilibrait les contraires, en séduisant aussi des voix du centre, et en faisant venir à lui certaines personnalités, voire même des intellectuels de gauche.

Ce n’était pas l’avis du conseiller Patrick Buisson, malgré les signaux d’alarme. Au contraire, plus les feux se sont mis au rouge, et plus il a recommandé d’accélérer vers les électeurs du Front, si possible en klaxonnant. Une stratégie parait-il sophistiquée, voire même machiavélique.

Au soir du Premier tour, la maison Le Pen s’est reconstituée, et Machiavel se retrouve isolé. Par quelle surenchère pourra-t-il faire revenir, en deux semaines, des électeurs que ses coups de menton précédents ont éloigné pendant quatre ans, plutôt que convaincu. Et comment pourra-t-il ne pas se couper des électeurs du centre que ses roulements de tambour ont inquiété depuis longtemps.

L’enjeu est là et c’est la quadrature du cercle. Le Président espère la résoudre à l’énergie, en renversant la table avec le pronostic. Sa recette : on efface tout et on recommence. Le second tour, il le dit sur tous les tons, est une élection nouvelle. Aussi nouvelle, assurément, que lui-même était un homme nouveau dans cette campagne.

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