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Transparence : les révoltés du Titanic

2 min

Deux semaines après la démission de Jérôme Cahuzac les événements s’accélèrent et s’aggravent pour le gouvernement et le Président de la République. L’atmosphère devient irrespirable à l’assemblée nationale, et le plus singulier, le plus significatif peut-être, n’est pas que l’opposition se serve de l’événement, (c’est après tout son jeu), c’est que le président de l’Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, en pleine crise, ait repris, dans le Figaro d’hier, les arguments de la Droite contre le plan de moralisation de la vie publique voulu la veille par François Hollande.

La presse de ce matin reflète cette dégradation du climat. Le Figaro Magazine bien-sûr, avec sa une sur « Les mensonges de la République », Le Parisien, qui titre : « Tous menteurs », ou VSD qui lance une enquête ironique sur Hollande, « l’homme le moins informé de France », celui qui ne sait rien sur rien…

Les événements n’ont pas manqué, hier, avec la descente à Bercy des deux Présidents UMP des commissions des finances du Sénat et de l’Assemblée, une espèce de perquisition médiatique officiellement destinée à vérifier si Pierre Moscovici avait ou non envoyé des enquêteurs en Suisse, mais qui avait d’abord pour but de faire fructifier l’émotion suscitée par le magazine Valeurs actuelles qui avait sorti l’information le matin.

Bref le Président de la République, qui a pourtant parlé une heure quarante à la télévision en deux semaines, n’arrive pas à se faire entendre, le premier ministre est attaqué, Fabius se remet à peine des rumeurs relancée par Libération, Moscovici, visage décomposé, tente de faire face à des infos très lourdes, voire cataclysmiques si elles n’étaient pas des intox, et pendant ce temps, le Président de l’Assemblée nationale disserte des inconvénients de la transparence dans le réacteur même de la droite, le journal le Figaro.

Au-delà de l’agitation présente, ce qui frappe est une constante chez ceux qu’on appelait naguère les éléphants socialistes. Elle remonte au congrès de Rennes, et elle a culminé à Reims. C’est une manière de se la jouer perso, comme si son sort était indépendant du groupe. Une capacité à faire abstraction du Titanic dont on est le passager. Le navire fonce vers l’Iceberg, mais une raison majeure conduit toujours l’un des officiers du bord à descendre dans la salle des machines et à accélérer le moteur en bloquant le gouvernail.

Touche pas à ma cabine première classe même si le bateau va couler. Un coup l’un se mutine en pleine crise à propos de la publication des patrimoines, et un autre à propos du cumul…

Mais que les éléphants se rassurent. Pour être privé de cumul ou pour publier son patrimoine, il faudra être réélu. Ils ont donc toutes les chances de ne pas concernés.

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