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Triple A : Sarkozy sera-t-il candidat ?

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Le fameux triple A, pas un français sur 10 000 n’en connaissait l’existence ni la portée il y a un an ou dix huit mois. Si cette note est devenue névralgique, c’est que sous la pression de la crise, le Chef de l’état en a fait un totem. Un sésame.

Standard and Poor's
Standard and Poor's Crédits : Reuters

Une clé qui ouvre l’avenir, et justifie les sacrifices. Il se trouve que ce Sésame n’a rien ouvert du tout, et s’est refermé comme un piège. Nous verrons rapidement si les conséquences économiques sont lourdes, mais les retombées politiques sont là, elles pèsent, et elles pèseront. Le fait d’avoir brandi cette note la transforme en drapeau, et en drapeau qui tombe.

Face à ce choc le président de la République a annoncé hier qu’il annoncerait des décisions avant la fin du mois. C’est sa méthode à lui, devant la difficulté. Il donne des rendez vous.

Cette semaine nous avons par exemple le sommet social annoncé quand Standard and Poor’s a fait part de ses perspectives négatives, dix jours plus tard, nous aurons donc les annonces annoncées ce dimanche.

Rendez-vous au prochain orage, comme le chantait Brassens dans l’une de ses plus belles chansons.

Des annonces, il en pleut depuis janvier, la taxe Tobin, la TVA sociale, le mariage homosexuel, les trente cinq heures, la cinquième semaine de congés payés contestée hier par Luc Chatel, et ce qui frappe c’est que ces projets n’ont pas vocation à devenir des lois, ils n’en auront pas le temps, mais à donner un sens à la candidature du Présidente de la République. Jean-François Copé le confirmait hier dans Radio France Politique, en parlant de débats qui enjamberont la présidentielle.

Dès lors pourquoi tant de mystère pour un secret de Polichinelle ? Pourquoi, de la part de l’UMP, cette manière de déclarer certaine la candidature de Nicolas Sarkozy, de la défendre, de l’engager, et cette façon de la renvoyer à plus tard comme si cette certitude allait polluer la pureté de l’exercice présidentiel.

Est-ce pour une raison tactique ? Peut-être... Pour ménager un effet. Sauf que l’effet se déploie sous nos yeux, chaque jour ou presque. Pas un français n’ignore que le Président est en campagne.

La raison de ce faux mystère, c’est qu’il en cache un autre. Le président n’a pas choisi. Il fait le président, et il fait le candidat, et il verra plus tard quel rôle il gardera. S’il veut se donner du temps, s’il fait mine d’en avoir, ce n’est pas pour retarder sa campagne, puisqu’il la mène déjà, c’est pour ne pas se lier les mains.

Sa volonté d’obtenir un second mandat est absolue, mais ses chances sont relatives et il le sait. Dans trois semaines, un mois, un mois et demi, le tableau sera décanté. Il espère que les français auront aimé sa manière de faire face à la crise, et à la perte du triple A, mais il redoute qu’ils continuent de hausser les épaules.

Dans le premier cas il sera candidat. Dans le second il sera président jusqu’au bout, ne se présentera pas, et partira dans les regrets éternels, plutôt que sous les sifflets, comme Valéry Giscard d’Estaing.

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