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UMP : Copé s'en prend à son parti

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Jean-François Copé est content. Dimanche prochain, il espère que trois députés UMP seront élus lors des partielles. Ce qui voudrait donc dire qu’un député ça compte énormément. Mais ce matin, dans une tribune publiée dans le Figaro, le même homme accuse ses parlementaires d’être une aristocratie coupée des militants et annonce qu’il ne les écoutera pas. Ce qui voudrait donc dire que les députés et sénateurs, ça parle pour ne rien dire.

En dupliquant jusqu’à l’extrême la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Jean-François Copé a fini par s’en prendre à lui-même. Il applique à son propre parti la théorie Maurassienne, inspirée par Patrick Buisson, celle des corps intermédiaire qui parasiteraient la relation avec le peuple.

Dans sa tribune, la structure même de l’UMP est accusée d’être l’un de ces corps intermédiaire, coupés de leur base, une aristocratie dont les barons confisqueraient le pouvoir aux militants.

Voici que le maillage parlementaire du grand parti de la droite et du centre est devenu un adversaire pour l’homme qui revendique sa présidence. Voici que le cavalier entre en lutte avec sa monture, le pilote avec son avion, le cycliste avec son vélo, la couronne avec sa tête.

C’est naturellement le dernier épisode de la bataille contre François Fillon qui a conduit à cette posture singulière. A l’initiative de Bernard Accoyer, ancien président de l’assemblée nationale, un référendum sera organisé mardi auprès les députés et sénateurs UMP, pour demander un vote avant l’été, afin de sortir de la crise déclenchée par les désordres et les incertitudes de l’élection du 18 novembre. Le groupe R-UMP de François Fillon compte 72 députés, qui sont rejoint dans cette demande par une cinquantaine de non alignés, et comme les sénateurs UMP sont fillonistes à 80%, il est probable que la demande d’un nouveau vote sera ratifiée par une forte majorité.

D’où la contre attaque de Jean-François Copé sur le thème de la non représentativité des élus du parti.

Ainsi la crise à l’UMP, à force de crispation, a aboutit à un affrontement de fond entre deux candidats qui, au départ, ne se distinguaient que par des différences de forme.

D’un côté Fillon, qui représente désormais, et presque à son corps défendant, une droite centriste et modérée, et un mode de gouvernement parlementariste, appuyé sur une coalition, et de l’autre Copé, aujourd’hui porté par la frange la plus à droite de l’UMP, et qui dit, dans la tradition la plus purement bonapartiste : « Le parti c’est moi », comme de Gaulle disait « l’Etat c’est moi ».

La limite de cette comparaison c’est que pour diriger l’Etat de Gaulle avait un outil, son parti, mais que pour diriger son parti Copé a un ennemi : l’UMP.

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