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UMP : Double fracture à droite

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Attention un train peut en cacher un autre, et la rivalité Fillon-Copé dissimuler un mouvement majeur qui dépasse de loin l’affaire des 98 voix. Résumons les évidences : Grand 1 François Fillon a perdu, Grand 2 Jean-François Copé a gagné en le doublant par la droite, mais grand 3, Jean-François Copé est lui-même dépassé par le mouvement sur lequel il s’est appuyé.

En termes de courants, la fameuse droite populaire a été submergée par la Droite forte, qui est en tête des motions aux derniers pointages, c'est-à-dire par la droite Buisson Peltier, tous deux issus du Front National.

Ce qui ressort donc de cette élection à l’UMP c’est un double dépassement à droite. Le « rassemblement » promu par François Fillon pendant sa campagne a été laminé par la droite décomplexée de Jean-François Copé, qui a senti le bon vent comme un navigateur de l’UMP Globe, mais ça ne s’est pas arrêté là, l’ancien fer de lance que constituait la Droite populaire de Thierry Mariani a été carrément soufflé par un mouvement encore plus à droite, qui envisageait de s’appeler Génération Sarkozy, en référence au Président de la campagne 2012.

Il est probable que les plaies, les bosses, les méfiances des dernières heures se cicatrisent progressivement. La lutte des deux hommes va s’estomper, comme la lutte des deux femmes s’était réduite au parti socialiste, et nous verrons si elle débouche sur la victoire d’un troisième larron.

Mais une chose va demeurer, car elle dépasse les humeurs, toujours passagères, et concerne un mouvement tectonique, donc de longue durée. Ce quelque chose est résumé par la petite phrase de François Fillon, hier soir, dans une réaction qui est sans doute la plus courte, et la plus lourde qu’on ait entendu depuis longtemps : « Ce qui me frappe est que la fracture qui traverse notre camp politique est désormais manifeste, à la fois politique et morale ».

Sur un plan tactique, M. Copé va jouer l’ouverture après avoir soufflé sur l’identité, il a ouvert les bras hier soir, il va s’adresser à la droite sociale de Laurent Wauquiez, à la France moderne et humaniste de Jean-Pierre Raffarin, aux gaullistes, pour éviter la cassure mise en avant par son rival.

Car toute la question est de savoir s’il dispose désormais du frein.

Il arrive, en politique, que les forces qu’on enclenche vous embarquent avec elles. Les élections municipales ont toujours été les plus délicates à gérer en termes d’alliance et de non alliance entre la droite et le Front National. Elles permettront de vérifier si la droitisation actée par l’UMP aura été verbale, comme l’espère M. Copé, ou effective comme le souhaite un noyau dur de militants.

Si les accords FN-UMP se multiplient dans les villes, les journées que nous venons de vivre ne seraient pas celles d’un psychodrame, mais d’un big-bang.

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