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Ump : Sarkozy-Bonaparte achève bien le bonapartisme

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Un nouveau vote était impossible, et voilà qu’on en a deux : c’est la première des sensations de la journée d’hier à l’UMP. Le deuxième événement c’est que François Fillon, sauf surprise, a obtenu ce qu’il voulait. Le troisième c’est que le retour du dernier Bonaparte issu du gaullisme, Nicolas Sarkozy, a bousculé une tradition vieille de cinquante cinq ans en imposant le primat Electoral au primat du Chef à l’intérieur du Parti Bonapartiste.

Prenons dans l’ordre. L’idée du référendum : elle rappelle étrangement, comme le souligne Bruno Dive dans le journal Sud Ouest, le référendum sur le référendum dégainé en 1984 par François Mitterrand pour servir de diversion au bourbier sur l’école libre. Le référendum sur l’élection, voulu par l’ancien président, est en fait un cache sexe, il permet à Jean-François Copé de se démettre, puisqu’il accepte le principe d’un nouveau vote, mais sans en avoir l’air.

Ce deuxième vote était réclamé par François Fillon, qui gagne donc la deuxième manche, en rendant provisoire sa défaite du 18 novembre. Jusqu’au bout, Copé, et Sarkozy, n’ont pas cru que l’ancien Premier Ministre, tellement évanescent pendant sa campagne, mettrait ses menaces à exécution. Non seulement il a créé son groupe, ce qui est une arme atomique, mais il a été suivi par 70 députés, en attendant les sénateurs ce matin. Fillon s’est totalement trompé pendant l’élection en se croyant assez fort pour ne pas mettre les mains dans le cambouis pendant que son rival s’activait sur le moteur, mais il s’y est mis dès le lendemain, parce qu’il s’est senti humilié et que Fillon le flegmatique devient un pitbull quand il se sent méprisé, ou dupé…Donc Fillon le stratosphérique est redescendu sur terre.

Copé a perdu la deuxième manche parce qu’il n’a pas compris qu’elle se jouait devant le pays et plus devant les militants de l’UMP. Il a également cru que l’UMP était encore le parti du Chef et qu’il suffisait de s’autoproclamer pour que l’intendance suive. C’était oublier « l’effet perestroïka ». Quand on met de l’élection à l’intérieur d’un système verrouillé, on déclenche une réaction en chaîne. La primaire à l’intérieur du parti bonapartiste a en fait tué le bonapartisme et le Fort Chabrol de l’apprenti Bonaparte n’a pas tenu trois jours.

Reste le retour du dernier des Mohicans. Nicolas Sarkozy, l’héritier de la lignée bonapartiste, De Gaulle, Pompidou, Chirac… Il est revenu comme un sauveur, et a été entendu, d’abord parce qu’il conserve une forte autorité, ensuite parce que Copé s’était auto-ficelé en jurant depuis six mois qu’il s’effacerait devant lui. Et bien c’est fait.

On devrait donc revoter. Si Copé gagne il restera secrétaire général dans les faits, mais le vrai patron s’appellera Sarkozy. Si Fillon l’emporte il ne s’arrêtera plus, et le prochain duel à l’UMP promet de l’animation. Il opposerait l’ancien président à son ancien premier ministre.

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