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A Villeneuve-sur-Lot, le FN joue à qui perd gagne, par Frédéric Métézeau

2 min

"Une défaite avec un petit goût de victoire" déclarait hier soir le candidat du Front National Etienne Bousquet-Cassagne qui a recueilli 46% des voix face à l'UMP Jean-Louis Costes. C'est une défaite nette en valeur absolue et pourtant, cette élection fait voler en éclat les idées reçues sur le FN de la décennie précédente.

Les résultats de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot
Les résultats de la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot

Premier enseignement : aujourd'hui une étiquette FN suffit et ne rebutte plus ni les candidats ni les électeurs, la preuve : au premier tour de la présidentielle de 2012, Marine Le Pen obtenait 13.056 des voix dans la circonscription mais 13 mois après, un candidat inconnu de 23 ans débutant, emprunté à la télévision, flanqué d'un conseiller électoral qui lui souffle les arguments à l'oreille décroche 15.647 suffrages avec une participation plus faible qu'à la présidentielle. L'étiquette FN n'est plus un boulet, au contraire, elle est une marque même aux antipodes politiques, sociales et sociétales de Provece-Alpes-Côte d'Azur ou de la Picardie dans cette terre souvent de gauche depuis la Libération et de culture radicale-socialiste. Deuxième enseignement : le vote FN n'est plus laconséquence mécanique d'une forte abstention, la participation a augmenté de 6 points et demi en une semaine et le FN a gagné 7.000 voix. Troisième enseignement : le front républicain fait place au front du bulletin blanc, seules 2.500 voix séparent les deux candidats mais il y a plus de 5.600 votes blancs. Plus la tonalité de la droite républicaine se veut "décomplexée" et plus la gauche de gouvernement reprend à son compte le discours de rigueur, plus le FN monte. Hier soir, le député PS Yann Galut estimait que "Villeneuve-sur-Lot impose au PS de revoir la doctrine du Front Républicain. Il ne peut plus y avoir de désistement automatique". Pour Jean-Luc Mélenchon "le choléra gagne contre la peste". Même Alain Juppé, jamais suspect de collusion avec l'extrême-droite doute que "faire du front républicain une stratégie nationale soit une bonne idée". La détestation actuelle entre les deux grands partis est telle qu'ils s'accusent mutuellement de la montée du Front national mais surtout ni le PS ni l'UMP ne sont capables d'expliquer pourquoi c'est mal de voter pour le FN, pris au piège qu'ils sont sur les questions de la construction européenne, des retraites, de laïcité et de moralisation de la vie politique. Aujourd'hui la police doit entendre Bernard Tapie à propos de l'arbitrage face au crédit lyonnais et mercredi Jérôme Cahuzac comparaît devant la commission d'enquête parlementaire.

Frédéric Métézeau

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