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Vive le septennat ! Par Frédéric Métézeau

2 min

C'est une habitude bien d'ici de penser qu'une réforme institutionnelle peut régler tous les problèmes du pays mais il vrai aussi qu'une telle réforme peut bel et bien compliquer le travail des politiques. C'est le cas du quinquennat. Défendu par le président Jacques Chirac et son Premier ministre Lionel Jospin, par Valéry Giscard d'Estaing et par les éditorialistes qui trouvaient cela "moderne" il est plébiscité le 24 septembre 2000 par 73% des votants mais pas plébiscité par le peuple puisque l'abstention frôle les 70%. Mais pourquoi instruire le procès du quinquennat ? Parce que la gestion du temps reste fondamentale en politique. Auteurs d'un passionnant "Mystère français" au Seuil, Emmanuel Todd et Hervé Le Bras constatent "le déficit historique tragique de nos élites en matière d'approche historique. Ils ne voient plus le temps long". En plus du quinquennat, le temps court de l'économie, des marchés, du tout-info et des réseaux sociaux ont eu un effet dévastateur pour les politiques toujours en campagne, toujours à penser au coup d'après. Juste après. Voyez le quinquennat Sarkozy : 2008 cantonales et municipales, 2009 européennes, 2010 régionales et cantonales, 2011 sénatoriales. Une élection par an. Sous Hollande des élections sont prévues en 2014, 2015 et 2016 avant le grand RDV de 2017. Pas une année de répit. Il n'est qu'à voir ce député PS hollandiste de toujours qui nous confiait avant le second tour en mai 2012 "si François est élu, il devra préparer sa réélection, il faut 10 ans pour mener une politique". Et encore... Dans Libération jeudi dernier le consitutionnaliste Dominique Rousseau nous explique qu'un quinquennat ne dure pas 5 ans, comme les septennat Mitterrand et Chirac n'en ont pas duré pas 7 avec les cohabitations. Selon lui les 5 ans d'un quinquennat seraient plutôt un "2 plus 3 : 2 ans pour asseoir sa politique et 3 ans pour montrer sa politique. Cela implique que le premier ministre ne doit pas coller ton sur ton au président (comme sous Hollande) et qu'il ne couvrira pas tout le quinquennat (comme sous Sarkozy). Revenir au septennat ressemble effectivement à une blague mais alors si le quinquennat est si moderne, à défaut de lui donner plus de temps, il faut donner plus d'espace au mandat présidentiel.

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