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Votez Merkel !

2 min

Le Jeu dangereux de Merkel. Voilà quel était hier soir le gros titre du célèbre magazine allemand Der Spiegel, dubitatif devant l’interventionnisme de la chancelière dans la campagne présidentielle française.

A première vue, l’apparition commune, hier soir à la télévision, d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, peut donner l’impression d’être un avatar des précédentes incarnations de « l’amitié franco-allemande », les duos Kohl-Mitterrand ou Schröder-Chirac.

Après tout, il y a des précédents, lors d’échéances électorales : en 1992, Helmut Kohl était venu donner un « petit coup de main » public à François Mitterrand. Et en 2003, Gerhard Schröder s’était affiché avec Jacques Chirac.

La stature réciproque, le respect mutuel y étaient sans doute pour quelque chose. Et cette fois encore, on mesure bien l’intérêt de Nicolas Sarkozy à se présenter en copilote de l’Europe, a fortiori face à un rival socialiste dépourvu de lettres de créances internationales.

Mais la comparaison s’arrête là. En 1992, il s’agissait d’un enjeu strictement européen, François Mitterrand peinait à faire adopter le traité de Maastricht.

En 2003, il s’agissait de faire front commun contre la guerre en Irak.

Et dans les deux cas, Kohl-Mitterrand ou Schröder-Chirac, il s’agissait d’alliances entre dirigeants de sensibilité politique… opposée.

C’est fort différent cette fois-ci.

D’abord, c’est un scrutin… exclusivement national. En théorie en tous cas !! Qu’un chancelier allemand prenne ainsi parti dans une élection présidentielle française, c’est inédit.

Ensuite nous sommes, cette fois, en présence d’une alliance politique classique. UMP/CDU, même sensibilité, « des partis amis » pour reprendre la formule d’Angela Merkel.

Le tandem est d’accord sur l’essentiel : l’axiome de la règle d’or, le rapprochement fiscal, le refus, du moins pour l’instant, des euro-obligations….

La chancelière a tout à perdre d’une victoire de la gauche en France : elle donnerait un coup de pouce à la gauche allemande et à ses leaders Sigmar Gabriel et Franck Walter Steinmeier, donnés favoris par les sondages pour les législatives de l’an prochain outre Rhin.

Enfin et surtout, si Mme Merkel s’autorise à « faire campagne » à Paris, c’est parce qu’elle est… à la barre !!!

Exportations au beau fixe, chômage ramené à 6,5%, Triple A inamovible, les indicateurs économiques allemands sont connus de tous.

Et même si, dans l’arrière boutique se cachent de fortes disparités sociales et des salaires de misère, le résultat est là : Berlin est maître du jeu.

Et ça, ce n’est pas une question de couleur politique.

Angela Merkel en tire une conséquence logique : la présidentielle en France, c’est aussi son affaire.

En venant déclarer sa flamme à Paris, elle joue donc cartes sur table : la politique est désormais transnationale.

« Votez pour moi », vient de nous dire implicitement la chancelière allemande.

Un propos inconcevable dans les couples du passé où l’on vivait sous le régime de la séparation de biens.

Nous voici désormais sous la… communauté de biens.

Au 2ème tour, le 6 mai prochain (et comme ça ne plait pas à tout le monde, surtout ne le répétez pas) il faudra donc aussi choisir entre…. Merkel et Steinmeier !!

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