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Stanislas Guérini, à l'Assemblée nationale, le 23 septembre 2020

"A LREM, la fonte progressive des effectifs "

4 min
À retrouver dans l'émission

La République en Marche n'a pas réussi à s'implanter localement aux élections municipales. Etat des lieux avec Pascal Perrineau, professeur des universités à Sciences Po.

Stanislas Guérini, à l'Assemblée nationale, le 23 septembre 2020
Stanislas Guérini, à l'Assemblée nationale, le 23 septembre 2020 Crédits : Radio France

Toute la semaine, nous dressons l'état de santé des partis politiques. Aujourd'hui : La République en Marche, avec Pascal Perrineau, professeur des universités à Sciences Po. Il a étudié la sociologie du vote Macron en 2017, dans un ouvrage collectif intitulé " Le vote disruptif ". Trois ans et demi après, où en est la République en Marche ? 

Frédéric Says : En 2020, le parti d'Emmanuel Macron est-il parvenu à s'implanter lors des élections municipales ? 

Pascal Perrineau : La République En Marche n'a pas atteint ses objectifs, par rapport aux ambitions qui étaient les siennes.

LREM espérait ne pas être simplement une force nationale, mais devenir peu à peu une force dans les régions, dans les territoires, au plus près des électeurs, dans les différentes communes. 

C'est un échec, même dans des terrains qui, à priori, lui étaient favorables. Il faut se souvenir des scores tout à fait impressionnants que le candidat Macron avait pu réunir dans les grandes métropoles, en particulier à Paris et dans ces grandes métropoles, que ce soit Paris, Lyon, Marseille. C'est un échec et parfois même un échec qui tourne presque à l'humiliation. 

Et au fond, lorsque la République En Marche s'en tire, c'est parce qu'elle a réussi à monter dans un train qui n'est pas tout-à-fait le sien. Elle s'est associée assez souvent avec la droite et parfois, elle a réussi à arracher des postes de conseillers municipaux, mais sur des listes de droite. Et même chose quand elle était associée à la gauche. 

Mais en tant que force autonome, au fond, trois ans et demi après la victoire d'Emmanuel Macron, c'est un véritable échec. Ce parti, beaucoup plus que d'autres partis présidentiels dans le passé, a un véritable problème avec les territoires. 

Un problème qui a commencé très tôt, dès l'été 2017. Personne ne l'avait remarqué, mais il y avait un échec dès la fin du mois de septembre dans les élections sénatoriales. Et on voyait déjà que la "France des territoires" ne faisait pas confiance au parti du Président pour mener le changement. 

Quelles sont les forces du mouvement La République en Marche, avant les élections départementales et régionales en juin prochain ? 

Les forces de la République en Marche se sont beaucoup amenuisées. Ce qu'il y a de plus évident, c'est bien sûr la fonte progressive des effectifs à l'Assemblée nationale. On en est à 44 démissions (ou transferts vers d'autres groupes), ce qui est tout de même extrêmement important. 

Mais au plan local, c'est la même chose. Les forces qu'on pourrait appeler militantes, qui était importantes encore en 2017 et même au début de 2018 de la République En Marche, ont fondu à vue d'œil. Et sur les territoires, très souvent, on l'a vu à l'occasion des municipales, il y avait de vrais problèmes de recrutement : trouver des hommes et des femmes suffisamment connus, implantés pour pouvoir représenter la République En Marche dans les communes. 

Donc, c'est un parti affaibli qui aura beaucoup de mal en 2021. En particulier avec le scrutin départemental qui reste un scrutin important dans des territoires très traditionnels que sont les cantons. 

LREM peut essayer de trouver un espace aux régionales. Pourquoi ? Parce qu'aux régionales, il y a une dimension un peu plus nationale. La circonscription est plus large. Le mode de scrutin est un mode de scrutin proportionnel avec un correctif majoritaire. Donc, il peut y avoir en effet une capacité pour la République En Marche d'exister. Mais de là à pouvoir prétendre emporter telle ou telle région, même des régions très urbanisées, c'est un projet qu'il ne peut pas satisfaire aujourd'hui. Le parti est devenu beaucoup, beaucoup trop faible. 

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  • Politologue et professeur des Universités à Sciences Po, ancien directeur du CEVIPOF
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