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Lionel Jospin face à des salariés de Lu, en mars 2002.

Alstom, la casse sociale et le casse-tête politique

4 min
À retrouver dans l'émission

C’est le cauchemar de tout exécutif : le plan de restructuration peu avant les élections présidentielles.

Lionel Jospin face à des salariés de Lu, en mars 2002.
Lionel Jospin face à des salariés de Lu, en mars 2002. Crédits : Philippe Desmazes - AFP

Il ne manquait plus que la parole de Manuel Valls dans ce dossier. C’est fait depuis hier après-midi. « Hors de question » a tonné le premier ministre, « que le site de Belfort ferme ». Alstom est devenu une affaire d’État, au sens premier du terme, qui mobilise François Hollande et pas moins de quatre ministres. « Un sauvetage à grande vitesse » comme le titre ce matin Libération. Le cas Alstom vient rejoindre tous ces dossiers explosifs, en temps de campagne présidentielle.

C’est le cauchemar de tout exécutif : le plan social peu avant les élections. En 2012, un article du Canard Enchaîné suggérait d’ailleurs que le gouvernement de l’époque avait fait pression sur les grands patrons pour qu’ils diffèrent leurs plans de restructuration, selon la terminologie officielle.

En 2002, en pleine campagne, Lionel Jospin, premier ministre et candidat, est régulièrement interpellé sur le terrain. Ici par des salariés de Lu, dont l’usine va fermer :

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8 sec
Jospin face à Lu - Billet politique 1

Que faire dans ces cas-là ? Écoutez cette scène au QG du candidat Jospin, peu après… . Il interroge son équipe de campagne sur la marche à suivre (extrait du documentaire de Stéphane Meunier "Comme un coup de tonnerre") :

Écouter
28 sec
Lionel Jospin à son QG - Billet politique 2

Sous Lionel Jospin, le chômage avait fortement baissé, 1 million de chômeurs en moins. Et pourtant qu’a-t-on retenu ? « L’État ne peut pas tout », cette phrase prononcée à propos d’un plan social chez Michelin. Ou encore le renoncement à propos de l’usine Renault de Vilvorde. D’ailleurs quand vous tapez « Jospin Vilvorde » dans Google, le moteur de recherche vous suggère automatiquement « on n’y peut rien ».

La mécanique fut similaire pour Nicolas Sarkozy en 2012, qui avait promis de sauver Gandrange, en Lorraine. Un échec qui avait alors donné des arguments à son adversaire, juché sur une camionnette, près d’un mégaphone, un certain… François Hollande.

Le dossier Alstom réunit toutes les caractéristiques du piège politique parfait...

D’abord, parce que l’entreprise est visible, elle est connue des Français, le sujet devient donc très médiatique ; ensuite, Alstom est le symbole d’un succès de la droite. C'est le gouvernement Raffarin qui sauva l’entreprise en 2004, en tordant le bras de la Commission européenne. La droite, par parenthèse, souvent libérale dans l’opposition, et souvent colbertiste au pouvoir. Troisième élément : Alstom est une entreprise en partie détenue par l’État, à 20%. Qu’on le veuille ou non, ce dossier symbolise l’impuissance politique. Il marque aussi la schizophrénie de l’État actionnaire, qui exige théoriquement à la fois la rentabilité, le développement de l’entreprise et le mieux-disant social.

Enfin, ce qui aggrave l’impression générale de confusion - et qui vient obérer les premiers bons résultats économiques du gouvernement - : l’État semble tomber des nues. Découvrir ce projet de fermeture du site de Belfort…

Cela avait déjà été le cas, il y a deux ans, lors de la vente d’une partie de l’activité d’Alstom aux Américains de General Electrics. A l’époque, le ministre de l’Économie s’appelait Arnaud Montebourg :

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21 sec
Arnaud Montebourg sur Alstom - Billet politique 3

On pense forcément au proverbe britannique : « fool me once, shame on you… fool me twice, shame on me ».

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