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Arnaud Montebourg, le 30 août 2014.

Arnaud Montebourg, l'alternative ?

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Montebourg et Montebarre sont sur un bateau : vers 2017 ?

Arnaud Montebourg, le 30 août 2014.
Arnaud Montebourg, le 30 août 2014. Crédits : Stéphane Mahe / Reuters

C’est l’un des principaux points d’interrogation à gauche. A bientôt un an de la présidentielle (et moitié moins d’une éventuelle primaire), l’ancien ministre du Redressement productif est-il parti chez un fabricant de meubles pour faire tapisserie, ou bien prépare-t-il son retour politique, auréolé de ce passage estampillé « dans la vraie vie » ?

Autrement dit (et c’est l’une des questions qui accompagne finalement toute la carrière d’Arnaud Montebourg), est-ce du sérieux ou est-ce du bluff ?

Même ceux qui ont été ses plus proches ont parfois du mal à répondre à cette question. Un livre sorti ces jours-ci tente d'y apporter des éléments de réponse : "l’alternative Arnaud Montebourg" d’Antonio Rodriguez.

L'auteur est journaliste à l’Agence France Presse, l’AFP, spécialiste économique… Et cet ouvrage, s'il n'apporte pas de scoop décisif, ou de confidences explosives, présente l’avantage, peu courant dans les portraits politiques, de ne pas psychologiser à outrance son personnage, de ne pas omettre les contingences, politiques, économiques, industrielles. Bref, il s’intéresse aux réalisations plutôt qu’aux discours, à la mer plutôt qu’à l’écume.

Difficile de suivre le cap de l'homme à la marinière. Montebourg navigue entre les rodomontades médiatiques et la réflexion sur le fond. En témoigne sa candidature réussie à la primaire en 2012, axée sur la démondialisation. L'auteur du livre égrène les dossiers industriels dont Arnaud Montebourg a dû s'occuper à Bercy, entre 2012 et 2014 : Florange, Rio Tinto, Dailymotion, Alstom. Le bilan ? Contrasté, non parce qu'il est linéaire, moyen, mais parce qu'il recèle des belles victoires, et des défaites cuisantes. Le tout conduit par un ministre dual politiquement, que l'auteur résume de cette formule : "Montebourg et Montebarre".

Arnaud Montebourg, qui s’est longtemps prétendu un jeune loup de la politique, n’est-il pas finalement un cheval sur le retour ?

C’est en fait tout le problème de cette génération au PS, les éternels jeunes, qui ont été jeunes tellement longtemps qu’ils ne le sont plus.

Obstrués par la génération du dessus (Hollande, Royal, Sapin), Arnaud Montebourg et ses camarades d’âge (Hamon, Peillon) n’ont jamais été en position de s'imposer.

Celui que certains appelaient la cigale de Bercy, tant il était critique de l’austérité, a maintenant des fourmis dans les jambes. Au travers de ce livre, on sent aussi qu’il est désabusé, sur le monde politique, peut-être aussi un peu sur lui-même. Et c’est sans doute ce qui l’empêchera d’y aller en 2017. A moins, pour cet adepte des combats perdus avec panache, que ça ne l’y encourage.

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