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Guy Bedos et Arnaud Montebourg, le 11 décembre 2016.

Au fait, à quoi sert un comité de soutien ?

2 min
À retrouver dans l'émission

Guy Bedos a finalement accepté de présider le comité de soutien d'Arnaud Montebourg, après avoir d'abord refusé la fonction... Mais au fait, à quoi servent vraiment ces comités de soutien ?

Guy Bedos et Arnaud Montebourg, le 11 décembre 2016.
Guy Bedos et Arnaud Montebourg, le 11 décembre 2016. Crédits : Ryad Kramdi - AFP

Remontons de quelques années dans le temps : nous sommes à Marseille, avant l'élection présidentielle de 2007. Nicolas Sarkozy déboule sur scène, le teint halé, tout sourire, sous les vivas de la foule : il embrasse une à une chacune des vedettes venues le soutenir : on trouve là notamment Johnny Halliday et Doc Gynéco. Ce jour-là, le 3 septembre 2006, j'ai compris qu'un comité de soutien ne servait à rien : la preuve, Nicolas Sarkozy a ensuite gagné l'élection, malgré le soutien de Doc Gynéco...

Un autre exemple plus récent et plus sérieux le confirme : aux États-Unis, Hillary Clinton avait débauché tout ce que l'Amérique compte de stars ultra-populaires, de Beyoncé à George Clooney. Donald Trump n'avait pour lui quelques vieux artistes conservateurs ; il l'a pourtant emporté.

Alors qu'est-ce qui pousse les politiques à se doter d'un comité de soutien ?

C'est le grand mystère : l'opinion politique de Yannick Noah, Guy Bedos ou Marc Lévy a-t-elle déjà déplacé une seule voix ? Pire : on pouvait dire jusqu'ici que les comités de soutien n'avaient pas d'autres effets que de créer un peu d'agitation dans le microcosme et trois entrefilets dans la presse. On peut désormais se demander si ces comités ne sont pas devenus contre-productifs dans la période politique que nous vivons, où les électeurs se plaisent à contredire tout ce qui ressemble de près ou de loin à des élites, fussent-elles culturelles.

Dans ces comités de campagne, on trouve en général une faune assez diverse : il y a les artistes engagés, dont les convictions sont connues ; il y a quelques vedettes en mal de notoriété, émoustillées de voir leur nom à nouveau imprimés sur du papier. Jusqu'à la caricature - injuste bien sûr mais pas tout à fait fausse - imaginée par Les Inconnus :

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Ajoutons dans cette recension quelques célébrités en délicatesse avec le fisc, qui espèrent miser sur le bon cheval pour obtenir un peu de mansuétude des services fiscaux.

Les comités de campagne seraient donc une survivance de la politique telle qu'on la faisait dans les années 80 ?

S'il l'on fait un tour sur le site de campagne des candidats, on s'aperçoit d'ailleurs qu'il y a de moins en moins. François Fillon, par exemple, n'a pas de comité de soutien ; la débauche d'artistes du show biz cadrerait mal avec la tonalité monacale de la campagne du candidat.

Le comité de soutien, même s'il rassemble aussi des hommes et des femmes de conviction, est désormais perçu comme un entre-soi surplombant. Avec la logique absurde de « si vous aimez mon disque, votez comme moi ». Obsolète, dans une époque de crépuscule pour les soi-disant prescripteurs de vote : les vedettes, les sondeurs ou les commentateurs. En refusant d'abord le poste, Guy Bedos l'avait sans doute mieux compris que ceux qui l'ont placé là.

Frédéric Says

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