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Bring back our débats politiques !

3 min
À retrouver dans l'émission

Cet entre-deux tours des législatives se caractérise par l'absence -ou la pénurie- de débats télévisés entre les candidats.

"Débat politique" : peut-être ces deux mots vous font-ils frissonner d’ennui ou de lassitude, après une année qui n’en a pas manqué (de débats). Souvenons-nous : quatre confrontations télévisuelles pendant la primaire de la droite, puis quatre autres pendant la primaire de la gauche. Avant un débat à cinq, puis à onze candidats à la présidentielle. Et enfin la joute Macron-Le Pen. En tout, pas moins de onze débats télévisés ont eu lieu en huit mois de campagne. On peut comprendre que la surdose ne soit pas loin.

Et pourtant, on ne peut s’empêcher d’éprouver une forme de frustration, voire d’inquiétude, à constater la manière dont la pénurie a succédé à l’abondance.

Pour ces législatives, dans un nombre important de circonscriptions, il n’y aura pas de débats télévisés entre les deux finalistes. La raison principale - pas la seule - , c’est que les candidats de la République en Marche ont souvent décliné les invitations. Les motifs sont variés. Ils ont été collectés dans plusieurs articles de presse : "Difficultés d'agenda", "je préfère prendre du temps pour convaincre les électeurs", "je n'ai pas à me mettre en scène", "mon adversaire a été agressif", "les désaccords ont été actés lors de la présidentielle"... Il est vrai que les débats entre gens d’accord vont plus vite, c’est peut-être d’ailleurs une préfiguration inconsciente de ce qui nous attend dans la future assemblée nationale. Mais ne caricaturons pas : d'autres candidats LREM, comme Laurence Vichnievsky (Puy-de-Dôme) ou Gilles Legendre (Paris), ont accepté la confrontation télévisée.

Est-ce nouveau que des candidats refusent ainsi tout débat ?

Non. Le débat d'entre-deux tours correspond à l’usage républicain. Mais il est fréquent que le favori le refuse, pour ne pas se mettre en risque. Tandis que le challenger voit dans ces joutes la dernière chance de rattraper son retard. Souvenez-vous en 2012 : Nicolas Sarkozy avait même réclamé trois débats d’entre deux tours face à François Hollande.

Mais plus globalement, ces nombreux refus de débattre, côté LREM, sont inquiétants en tant que symptôme. Le symptôme d'une campagne fantomatique, désincarnée, dépersonnalisée. D'ailleurs, sur les affiches de campagne, le visage du prétendant En Marche mesure la même taille que celui du président de la République ; ce qui donne l’impression que le candidat est en réalité le suppléant d’un député qui s’appelle partout Emmanuel Macron.

L’autre inquiétude tient au degré d’autonomie politique, de créativité législative des futurs députés En Marche. Les opposants au parti du Président en font d’ailleurs un argument de campagne. A défaut de pouvoir débattre en direct avant le second tour, ils diffusent des extraits de débats passés, ceux d’avant le premier tour. Avec des séquences parfois douloureuses pour les candidats En Marche, où l’on voit ces derniers ânonner des généralités les yeux fixés sur leurs éléments de langage :

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Alors bien sûr, cela ne représente pas la totalité des prétendants macronistes. D'autres sont très à l'aise, très préparés. Par ailleurs, il ne faudrait pas confondre l’aisance télévisuelle et la qualité humaine intrinsèque. On sait qu’il existe de parfaits apparatchiks sans profondeur politique mais parfaitement brillants sur un plateau de télévision.

Il reste cependant à souhaiter qu’une partie des candidats En Marche reviennent sur leur refus. De toute façon, avec l’avance prise dans les urnes, ils ne risquent pas grand-chose. Si ce n’est de démontrer qu’il existe d’autres raisons de voter pour eux que leur simple étiquette politique.

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