LE DIRECT

Ce qui devait arriver arriva

2 min
À retrouver dans l'émission

Alain Juppé est rattrapé par Nicolas Sarkozy dans les sondages...

On pouvait s’y attendre, à ce rééquilibrage entre les deux candidats dits “favoris” à la primaire de droite. Et en réalité, on s’y préparait, un peu comme si le scénario était écrit, mais qu’il nous avait fallu suivre, bien obligé, les épisodes de la série dans l’ordre.

Depuis hier, et la publication de deux sondages, qui vont dans le même sens, laissant entendre que le recul d’Alain Juppé en terme de popularité et d’intentions de vote va de pair avec une remontée spectaculaire de Nicolas Sarkozy, on a simplement la confirmation de ce qui devait bien arriver un jour ou l’autre.

Bien sûr, les deux candidats, chacun de leur côté, font une lecture bien différente des causes et des conséquences de ces résultats, mais l’essentiel est ailleurs : qu’on parle d’effet de ciseau, de début d’explosion de la bulle Juppé, d’inversion des courbes, ou de début des soldes : l’arrivée d’un phénomène tellement attendu a quand même quelque chose de rassurant. On y voit une preuve que la vie politique n’est pas aussi imprévisible qu’elle en a l’air. Ça nous rassure, et en ce moment, avouons-le, on a bien besoin de ça.

Pour les candidats qui suivent à la seconde l’effet sur les courbes d’opinion de leurs déclarations, de leurs attitudes, de leurs gestes, c’est très utile évidemment, un sondage : dans le camp Sarkozy par exemple, on va déduire de cette remontée qu’il sera peut-être judicieux de forcer encore un peu plus le trait dans les mois qui viennent sur les questions d’identité nationale, puisque c’est ce qui semble plaire à droite.

Et de l’autre côté, il y a fort à parier que malgré la sérénité affichée dans le camp Juppé, quelque chose va se passer. Qu’on va entendre beaucoup plus, dans les semaines qui viennent, le son de la voix du maire de Bordeaux.

C'est ainsi : qu’ils s’en défendent ou non, les politiques suivent les sondages, qui reflètent une opinion publique réagissant aux politiques, et aux sondages, dont l’accumulation, pourtant, produit une grande confusion : qui prête vraiment attention à ce qui différencie une côte de popularité de la mesure “d’intentions de vote” ? Qui regarde précisément quel panel est sondé (d’autant plus important dans le cas d’une primaire) ? Qui compare vraiment les résultats du même institut d’une vague sur l’autre ?

Ce gloubiboulga, servi chaque jour, est décidément très indigeste. Il va pourtant falloir s’y faire : déjà arrivent les premiers sondages sur la primaire à gauche.

Chroniques

8H18
19 min

L'Invité des Matins (2ème partie)

Italie : Matteo Renzi s’essouffle-t-il ? (deuxième partie)
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......