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Clivage au stade !

3 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi le clivage gauche droite semble réactivé ces temps-ci.

Depuis quelques semaines, on sent une envie; il y a des signaux, presque des appels en bonne et due forme à un retour du bon vieux clivage gauche droite dans la vie politique française. On sait qu’il est très affaibli, peut-être pas tout à fait mort, au moins, en mauvaise passe. Mais, on aimerait bien, semble-t-il, qu’il revienne, comme un match de foot à la saveur des temps héroïques : Saint-Etienne / Kiev par exemple, en quart de finale de la coupe d’Europe des clubs champions.

À gauche, le gouvernement fait tout ce qu’il peut ces temps-ci pour réhabiliter la droite républicaine, traditionnelle, en véritable et unique adversaire politique : le meeting de mercredi soir avec Manuel Valls et les rendez-vous “Hé Ho la gauche” en sont l’illustration : ils se multiplient, un peu partout en France, à la demande de François Hollande, pour montrer “le vrai visage de la droite”, et pour essayer de faire croire que la loi travail, vraiment, c’est pas si grave.

À droite, aussi, on aimerait oublier la complexité actuelle, induite par le tripartisme, et revenir à une compétition plus classique, aux règles du jeu mieux connues, et à l’issue moins incertaine. Nicolas Sarkozy n’est redevenu chef de parti que pour mieux parler d’alternance, comme si elle allait devoir être automatique, et comme si elle était réglée comme un tir cadré de Dominique Rocheteau...

Mais les temps ont changé...

Et ce retour, un peu artificiel, du clivage gauche droite dans la vie politique française est d’ailleurs dû avant tout, paradoxalement, à l’avènement des primaires, qui compliquent le jeu, comme dans une phase éliminatoire à laquelle on ne comprend pas tout. Mais à laquelle ne s’astreignent pas les outsiders susceptibles de perturber la compétition : Marine Le Pen, par exemple, à droite, ou Jean-Luc Mélenchon, à gauche.

Tous les deux semblent bien qualifiés d’office pour la coupe de France de l'an prochain, et ils imposent donc aux deux grands partis traditionnels une phase de réflexion, de redéfinition, de recentrage : c’est le moment où on se motive dans les vestiaires. À droite, ça passe par ces primaires, et le combat sera d’autant plus violent que tout va se jouer sur les personnalités. À gauche (avec ou sans primaires), ce sera encore plus compliqué pour François Hollande, qui doit urgemment remobiliser les militants, minimiser la popularité d’Emmanuel Macron et terrasser Mélenchon, s’il veut continuer à faire croire qu’il n’y a “pas d’alternative à gauche”.

Alors, ce soir, comme pour tous les matchs à venir de l’équipe de France pendant l’Euro de foot, il va réactiver à sa manière le clivage gauche droite, en invitant à côté de lui, en tribune présidentielle : Nicolas Sarkozy.

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