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Zhang Dingyu (à gauche), le chef de l'hôpital Wuhan Jinyintan, reçoit un prix du président chinois Xi Jinping lors d'une cérémonie en l'honneur des personnes qui se sont battues contre la pandémie de coronavirus COVID-19,  Pékin le 8 septembre , 2020

Covid-19 : comment Xi Jinping a tenté de reprendre la main

4 min
À retrouver dans l'émission

Le Covid-19 est apparu à Wuhan il y a un an. Officiellement, la Chine comptabilise moins de 5 000 morts, mais ce bilan est remis en question. Dominique André, correspondante permanente de France Culture à Pékin, nous raconte comment le président chinois Xi Jinping a tenté de reprendre la main.

Zhang Dingyu (à gauche), le chef de l'hôpital Wuhan Jinyintan, reçoit un prix du président chinois Xi Jinping lors d'une cérémonie en l'honneur des personnes qui se sont battues contre la pandémie de coronavirus COVID-19,  Pékin le 8 septembre , 2020
Zhang Dingyu (à gauche), le chef de l'hôpital Wuhan Jinyintan, reçoit un prix du président chinois Xi Jinping lors d'une cérémonie en l'honneur des personnes qui se sont battues contre la pandémie de coronavirus COVID-19, Pékin le 8 septembre , 2020 Crédits : Nicolas Asfouri - AFP

En France, l'exécutif a fait face à de nombreuses critiques dans sa gestion de la crise sanitaire. Et à l'étranger ? Les gouvernements ont-ils été fragilisés ou confortés, soutenus ou contestés, face à cette crise inédite ? Toute la semaine, le Billet politique vous emmène en Italie, aux États-Unis, en Chine, en Allemagne et au Royaume-Uni. Aujourd'hui, direction Pékin.

Frédéric Says : Le président Xi Jinping est-il sorti renforcé ou affaibli de cette pandémie ? 

Dominique André : C'est une question bien compliquée : peut-être les deux, car tout cela s'est déroulé en plusieurs épisodes. 

Si l'on remonte il y a un an, quand l'épidémie apparaît à Wuhan, Xi Jinping à ce moment-là n'est pas du tout dans une position confortable. Il a, face à lui, des lanceurs d'alerte comme le docteur Li Wenliang (ce jeune médecin mort du Covid), ou bien le docteur AI Fen - qui étaient vraiment des héros salués par les Chinois. 

Ces deux hommes avaient tout fait pour alerter la population dès la fin décembre, à un moment où les médias officiels chinois du Parti communiste qualifiaient cette épidémie de "rumeur" et considéraient que les premiers témoignages de cas suspects n'étaient vraiment pas fondés. 

Or, les autorités ont réagi avec du retard. Que s'est-il passé à ce moment-là ? Il fallait bien reprendre la main. Xi Jinping, donc, à partir du 20 janvier, accepte que des publications de chiffres officiels aient lieu. 

Il confirme que la propagation du virus est grave en Chine. Pékin limoge parallèlement des responsables locaux pour bien montrer que, finalement, les autorités locales sont responsables - et que Pékin ne l'est pas. Il renvoie la responsabilité sur la capitale du Hubei. 

A ce moment-là, Xi Jinping dans une position difficile. C'est un test pour lui et il s'engage dans la bataille. Il prend les commandes, il se déplace dans le Hubei au mois de mars. En même temps, le pouvoir éteint toutes les voix critiques sur les réseaux sociaux. Les journalistes lanceurs d'alerte sont arrêtés. 

Le journal de l'écrivaine chinoise Fang Fang - qui est absolument extraordinaire parce qu'il raconte au quotidien sa peur, sa tristesse, sa colère, les mensonges des autorités - ce journal est également censuré. Nous voici donc au printemps, avec Xi Jinping qui reprend la main. 

De sorte que s'opère une sorte de tournant...

Exactement. Changement de contexte : le travail a repris, les villes sont ouvertes. À Pékin, on voit arriver de nouveau les provinciaux. Les magasins ont rouvert, tout comme les usines. 

Et puis surtout, il y a ce grand rendez-vous politique annuel : la session parlementaire chinoise qui regroupe tous les caciques du Parti communiste des régions. Habituellement, cette session parlementaire a lieu au mois de mars. C'est encore trop tôt.

Elle se tient cette fois le 22 mai et ça signe à ce moment-là la victoire de la politique de Xi Jinping contre le coronavirus. La propagande officielle est en marche pour saluer toute cette gestion et la quasi-éradication du virus sur le sol chinois.  

Xi Jinping peut dire, à ce moment-là, que la Chine a subi une "épreuve historique extrêmement ardue" - ce sont ces mots. Et cette année s'achève pour lui avec une croissance économique qui repart.

Est-ce que l'arrivée des vaccins va consolider Xi Jinping ? 

C'est surtout, je pense, à un grand moment pour Xi Jinping de faire oublier au monde que le virus est apparu en Chine. Pékin a développé de nombreux vaccins. Quatre d'entre eux qui sont actuellement en "phase 3". Des accords de prévente ont déjà été signés avec de nombreux pays, notamment des pays en développement (Mexique, Brésil et Indonésie). 

Un grand laboratoire, le plus grand fabricant de vaccins chinois, Sinopharm, qui a déjà fait une demande de commercialisation. Il y a plusieurs centaines de milliers de Chinois qui ont été vaccinés. 

Peut-être que ce vaccin, effectivement, fera oublier les causes de la pandémie et permettre à Xi Jinping de sortir victorieux - ainsi que le Parti communiste - de la gestion de cette pandémie.

Dominique André est correspondante permanente de Radio France à Pékin. 

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