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Le candidat FN-RBM Gilbert Collard prétendait en mars 2014 à la mairie de Saint-Gilles, dans le Gard

Dans le Gard, l'âpre lutte entre LR et le FN

4 min
À retrouver dans l'émission

Les Républicains pâtissent des divisions et du contexte national.

Le candidat FN-RBM Gilbert Collard prétendait en mars 2014 à la mairie de Saint-Gilles, dans le Gard
Le candidat FN-RBM Gilbert Collard prétendait en mars 2014 à la mairie de Saint-Gilles, dans le Gard Crédits : Pascal Guyot - AFP

C'était samedi dernier, en Camargue, de bon matin. L'inauguration de la permanence de campagne du parti Les Républicains. Au pupitre, les hiérarques se succèdent. Une demi-heure de discours. Et un nom n'est quasiment jamais prononcé : François Fillon. Il le sera finalement une fois, une seule, expédié d'une phrase avant le pot de l'amitié.

Cela illustre l'embarras extrême dans lequel les Républicains tentent de mener campagne. « On a un vrai problème d'image, nous expliquait hier un responsable local. Le programme de Fillon passe très bien dans notre électorat... mais sa personne, très mal ».

Smartphones en main, on observe sur Twitter les premiers détournements de l'affiche de campagne de François Fillon, où le slogan « Une volonté pour la France » devient, avec quelques coups de feutre noir « un vol pour la France ». L'équivalent contemporain des diamants de Giscard collés sur ses affiches.

Alors la droite rentre la tête dans les épaules, tente de mobiliser sur les enjeux locaux : le développement autour de la gare TGV, l'aide aux agriculteurs, le soutien aux filières universitaires de Nîmes.

A Aigues-Mortes, la candidate LR s'appelle Pascal Mourrut ; même les plus optimistes de son camp ne croient pas à la résurrection de la droite.

Dans cette zone, l'adversaire principal est Gilbert Collard, le très médiatique avocat et député bleu marine. Certes, ses détracteurs lui reprochent de préférer les plateaux parisiens à sa circonscription ; certes, il agace jusqu'en interne – Jean-Marie Le Pen lui avait dédié ce mot : « Collard, avec 2 N »,

Eh bien malgré tout, depuis 2012, le FN continue de progresser dans cette circonscription : 48 % lors des dernières régionales, selon les chiffres relevés par le spécialiste de la carte électorale Patrick Lafarge.

Mais la zone électorale la plus intéressante se trouve juste à côté, entre Nîmes et Beaucaire. Cas d'école : les partis traditionnels cumulent tout l'éventail des handicaps possibles face à la montée en puissance frontiste. Tout y est :

-confusion à gauche, où la députée PS sortante s'est rapprochée de En Marche...

-FN bien implanté avec la gestion de la ville de Beaucaire, 15 000 habitants...

-Division à droite, où un candidat a été désigné en juin par Nicolas Sarkozy... Avant qu'un deuxième candidat soit désigné en janvier dernier par François Fillon, après un accord avec les centristes.

Résultat : aucun des deux ne veut lâcher, et chacun accuse l'autre d'ouvrir la voie au Front national. La querelle est politique, stratégique, presque morale :

Faut-il une droite dure, pour ne pas laisser aux frontistes l'exclusivité de la radicalité ? C'est l'approche du candidat sarkozyste. Faut-il au contraire se différencier par une démarche modérée ? C'est le projet du deuxième candidat, soutenu par les centristes de l'UDI. Comme un écho au désaccord de la primaire entre Juppé et Sarkozy.

Dans cette première circonscription du Gard, l'on trouve des paysages, des populations hétérogènes : il y a un bout du centre ville de Nîmes, des cités sensibles, des petites villes péri-urbaines, des classes moyennes qui vont travailler en voiture dans les métropoles, et puis il y a des communes rurales.

Sociologie incertaine, porosité des électeurs (entre l'abstention, le vote FN et la droite), incertitude des résultats de la présidentielle : tout cela fait perdre la boussole, y compris aux plus expérimentés ténors de la droite locale.

Pour eux, une seule consolation : la figure frontiste Julien Sanchez, jeune maire de Beaucaire, conseiller régional, aura du mal à se présenter à la députation pour cause de cumul des mandats...

Mais si l'on prend un peu de recul, le fait qu'un élu FN soit déjà touché par le cumul des mandats, en dit long sur l'enracinement du parti dans ces terres.

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