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Le président américain, Joe Biden, à son arrivée à la COP 26 à Glasgow, le 1er novembre 2021.

De la sobriété en politique

3 min
À retrouver dans l'émission

Et si la politique devenait plus responsable, plus économe, plus durable ?

Le président américain, Joe Biden, à son arrivée à la COP 26 à Glasgow, le 1er novembre 2021.
Le président américain, Joe Biden, à son arrivée à la COP 26 à Glasgow, le 1er novembre 2021. Crédits : Adrian Dennis - AFP

C'est l'un de ces mots dont le sens a changé ces dernières années : la « sobriété ». Plus précisément, devant l'urgence climatique, il a pris une nouvelle teinte.

Auparavant, l'on parlait de « sobriété » de caractère ou d'aspect (une "décoration sobre", un "discours sobre"). 

Désormais, la sobriété évoque aussi la cause environnementale. Comme le dit le slogan, « la meilleure énergie c'est celle qu'on ne consomme pas ».

En ce début de COP26, peut-on espérer que cette question de la sobriété s'invite aussi dans la pratique politique ? Dans les agissements quotidiens ?

Pour illustrer cette question, l'exemple le plus caricatural, c'est le long cortège motorisé qui accompagne Joe Biden partout. Plusieurs dizaines de voitures, massives, thermiques, pour escorter le président américain, comme on l'a vu encore récemment dans les rues de Rome, pour le G20, juste avant cette Cop 26.

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La Cop 26 : cet événement, en lui-même, interroge la notion de sobriété.

Voici venus du monde entier des centaines d'avions de délégations. Sur place, c'est un interminable ballet de véhicules entre l'aéroport et le centre des congrès. A l'intérieur, une débauche d'écrans géants, comme me l'a raconté hier soir l'envoyée spéciale de France Culture à Glasgow, Véronique Rebeyrotte. Et au fil du temps, de COP en COP, a-t-elle relevé, « cela ne va pas en s'améliorant ».

Distanciel

Faire la lumière sur le dérèglement climatique sans consommer trop de courant ; se tenir au courant des progrès scientifiques sans utiliser trop de lumière : est-ce envisageable... ? La sobriété énergétique est-elle possible dans ce genre de grand raout ?  

Ne pourrait-on pas imaginer un sommet "en distanciel" pour limiter les émissions de CO2 ? Pas si simple. Pour les activistes du climat, la rencontre impromptue, le dialogue improvisé (bref, l'interaction humaine) sont peu compatibles avec une réunion virtuelle géante sur Zoom ou sur Skype.

Par ailleurs, l'outil numérique est loin d'être la panacée pour l'environnement, comme le montre le livre récent de Guillaume Pitron, « L'enfer numérique ».

Cette question de la sobriété se pose aussi pour la campagne présidentielle...

Tous les candidats se disent inquiets face au dérèglement climatique, mais combien appliqueront l'économie d'énergie à leur propre campagne ?

Les grands meetings, avec force écrans géants et projecteurs lumineux, qui déplacent des militants depuis toute la France, sont-ils compatibles avec les ambitions de la COP ?

Bien sûr, le sort de la planète ne tient pas à la motorisation du véhicule de Xavier Bertrand ou d'Anne Hidalgo, mais il y a là un enjeu d'exemplarité et d'efficacité.

Or, l'idée même d'une campagne électorale se conjugue mal avec l'exigence de sobriété.

Toute compétition acharnée pousse à utiliser un maximum de ressources. Il faut avoir le plus grand nombre de partisans, les salles les plus vastes, les réunions publiques les plus nombreuses.

Dans cette course effrénée, il y a forcément une part d'ostentation, de communication, de démonstration de puissance. Une part d'ego aussi - on en revient aux cortèges de 70 véhicules, il faut montrer qu'on a le plus long.  

Est-il possible de faire campagne autrement ? Moins d'écrans, moins de meetings ; davantage d'hologrammes et de réunions à distance ?

Certes, mais les candidats qui appliqueraient la neutralité carbone à leur campagne prendraient le risque de se voir distancer par leurs concurrents moins regardants.

Alors prenons un peu de recul.

Il existe aujourd'hui, dans la loi, un plafond de dépenses pour chaque candidat. Les comptes de campagne sont scrutés et les prétendants n'ont pas le droit de dépenser un euro de plus que le seuil prévu.

Pourquoi ne pas imaginer , un jour, un plafond d'émissions carbone ? Une quantité maximale de CO2 attribuée à chaque candidat ?

Voici une proposition pour conclure ce billet... sobrement.  

Frédéric Says

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