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À droite, des candidats d'exception

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L'effet secondaire des primaires...

On le voit bien depuis l’avènement du principe des primaires en France : la concurrence entre les différents candidats d’un même camp a souvent tendance à accentuer les positions, à forcer les traits, et finalement à faire se rejoindre les points de vue, à les faire s’égaliser autour du totem de la tribu. Parfois jusqu’à la caricature, on a vu le phénomène à l’oeuvre il y a quelques jours, à droite, sur les thématiques économiques : les candidats déclarés ont quasiment tous tenté de se montrer plus libéral que le libéral.

Dans le contexte actuel, il fallait bien s’attendre à ce que le même type de comportement s’observe en matière sécuritaire. Et la journée d’hier l’a confirmé, avec les déclarations de deux candidats, qui chacun leur tour ont souhaité lever le voile sur la partie de leur programme concernant les questions de justice. Comme s’ils lançaient le concours de celui qui sera le plus déterminé à lutter contre le terrorisme, à celui qui sera le moins laxiste.

C'est ainsi que Jean-François Copé a proposé l'idée d'une "justice spéciale"...

On aurait aimé plus de détails, mais pour l’instant, on sait que le député-maire de Meaux propose (outre la création de 50.000 postes de policiers, gendarmes et magistrats) une “chaîne pénale entièrement dédiée” à la réponse au terrorisme. “Une justice spéciale, jusque dans la politique carcérale” : c’est ce que Jean-François Copé a préconisé hier soir, sur BFM TV, et ce faisant, il n’a fait que répondre à un de ses rivaux, Bruno Le Maire. Qui un peu plus tôt, n’a pas pris de chemin détourné, proposant lui, carrément : une “justice d’exception”, ce qui permettrait, d’après lui : de “durcir les peines pour tous les individus en lien avec des organisations terroristes”, et “d’assortir chaque peine de mesures de rétention de sûreté”.

Le problème, c'est que  les choses sont un peu plus complexes que ça. Dans son livre “Justice d’exception”, paru l’an dernier aux éditions du CNRS, la politologue Vanessa Codaccioni explique très bien que l’exception, en matière judiciaire, n’est pas anodine, quand le risque est grand de voir “l’exception exceptionnelle” devenir “l’exception permanente”, dans une sorte d’instauration de “légitime défense permanente de l’état”.

On comprend bien, au long de ces pages, que “l’ennemi intérieur” est un concept à géométrie tellement variable qu’il faut toujours prendre soin de se demander à qui il pourrait finir par s’appliquer. Vanessa Codaccioni prend notamment l’exemple de la “cour de sûreté de l’état”, créée en 63, pour contrer l’OAS, mais restée active jusqu’en 1981.

Une partie de l’histoire qui ne plaide pas franchement pour le retour à une justice d’exception… mais dont le souvenir ne pèsera pas très lourd dans la concurrence que vont continuer à se livrer les candidats de droite jusqu’à la fin du mois de novembre…

Chroniques

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