LE DIRECT

Du sexisme en politique

2 min
À retrouver dans l'émission

On le sait, les occasions de se taire perdues ne sont pas rares en politique...

Un élu de la région parisienne a laissé passé récemment non pas une, mais deux  occasions de se taire. Une à l’oral, si on peut dire. L’autre, à l’écrit. Cet élu, c’est Philippe Pemezec, maire “Les Républicains” du Plessis-Robinson, dans les Hauts-de-Seine, qui a publiquement injurié Anne Hidalgo, son homologue de la capitale, lors d’une réunion, au début du mois, à Clamart.

En présence de nombreux élus, mais en l’absence de la maire de Paris, Philippe Pemezec a tenu des propos d’une grivoiserie qu’on peut sans mal qualifier d’ordurière, avant d’avoir, d’après le journal “Le Parisien”, une vive altercation avec Stéphane Troussel, président PS du conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

Les faits ont été rapportés à Anne Hidalgo, et c’est après la réaction de cette dernière, que Philippe Pemezec a perdu une deuxième occasion de se taire. À la lettre ouverte que la maire de Paris lui a envoyé avant de la publier sur twitter, il a en effet répondu parfaitement à côté de la plaque. Dans un premier temps sans nier les propos qui lui sont prêtés, sans s’excuser. Et surtout en dénonçant une manoeuvre politicienne du PS dans la perspective des législatives de l’an prochain...

Puisqu’il prévoit de s’opposer au compagnon d’Anne Hidalgo, Jean-Marc Germain, dans la circonscription qu’il vise, il imagine que celui-ci a tout manigancé.

Anne Hidalgo voulait, en publiant sa lettre, que “la honte change de camp” en matière de sexisme, et visiblement, ça n’a pas marché, car sans aucun sens du ridicule, Philippe Pemezec, dans sa réponse, également publiée sur twitter, fait d’Anne Hidalgo le jouet, la marionnette de son compagnon, visiblement incapable qu’il est de comprendre que les stéréotypes de genre peuvent se dépasser.

Comme celui qui consiste à croire que les femmes, notamment politiques, n'ont aucune légitimité à occuper un poste important. Et finalement c’est une atteinte au discernement et à l’intelligence probablement encore pire que l’insulte du début de l'histoire.

Comme l’explique très bien Virginie Martin, docteur en sciences politiques, dans un article récent publié sur le site “The Conversation”, les stéréotypes de genre sont parfois tellement intériorisés, qu’on en arrive à les relayer sans même s’en rendre compte… Et il n’est d’ailleurs pas besoin d’être un homme pour ça : Christine Boutin en est un exemple, quand elle dit avoir honte pour ces femmes qui se plaignent du sexisme. Valérie Pécresse en est un autre, quand, encore cette semaine, elle lâche cette phrase à un exposant dans un salon dédié au numérique : “si c’est trop compliqué, si c’est pas fait pour les femmes, vous excluez la moitié de la population”.

Paradoxalement, on peut y voir le signe d'une certaine égalité.

Chroniques

8H18
18 min

L'Invité des Matins (2ème partie)

Quelle place à gauche pour Arnaud Montebourg ? (deuxième partie)
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......