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En Autriche, un mal pour un bien ?

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Et si on allait vers la résurrection de l'Europe ?

Dans son dernier livre, “Le mal européen”, l’ancien premier ministre belge et actuel député européen Guy Verhofstadt, fait un portrait de l’Europe sans concession, et même très sombre, allant jusqu’à donner crédit aux plus farouches euro-sceptiques, dont il n’est évidemment pas, leur reconnaissant de bons diagnostics sur la crise européenne. Qui est d’ailleurs selon lui une “polycrise” : aux dimensions économiques, bien sûr, mais aussi morales (on le voit de manière très précise en Pologne et en Hongrie), et politiques.

L’actuel président du groupe parlementaire “des démocrates et des libéraux pour l’Europe” (Alliance) situe l’origine des problèmes à la fondation même du projet européen, au moment où la France, à l’automne 1954, a refusé tout net, et tué dans l’oeuf, l’Europe de la défense, la CED. Ce refus originel aurait selon Verhofstadt, biaisé d’entrée le projet européen. Et c’est ce qui lui fait dire que, politiquement, l’Europe a toujours été dysfonctionnelle, contrairement à l’idée communément admise, et relayée dans les livres d’histoire, d’un projet abouti.

Et c’est temporairement, d’ailleurs, explique l’ancien premier ministre belge, que la construction européenne a permis de lutter contre le nationalisme, cette "maladie vieille de plus de deux siècles". Pour lui l’Europe est une malade qui n’a pas suivi sa cure d’antibiotique jusqu’au bout, et qui après 60 ans de relative rémission, replonge.

Sous les coups des mouvements extrémistes, mais pas seulement

Ce que décrit Verhofstadt dans son livre (préfacé par Daniel Cohn-Bendit), c’est une crise liée à l’identité, aux racines anciennes, et dont seraient victimes désormais toutes les mouvances politiques. Exemple : Angela Merkel, soutenant récemment, en Allemagne, que le mutliculturalisme a totalement échoué. Nicolas Sarkozy, bien sûr, lançant son débat sur l’identité nationale, en France, en 2010. David Cameron, courant après le Ukip. Les exemples se multiplient, et culminent avec la crise des migrants, qui précisément, alimente le foyer de cette crise identitaire.

Le tableau est sombre, mais il est vrai qu’il vaut peut-être mieux le regarder en face. Ne pas continuer à se dire que “le pire a été écarté” hier, en Autriche avec la défaite sur le fil du candidat d’extrême droite Norbert Hofer. Peut-être vaut-il mieux réagir. C’est l’idée de Verhofstadt, qui poursuit son rêve d’une Europe fédérale. Et qui aurait très bien pu utiliser dans son livre l’image de la grenouille et de la marmite :

Vous connaissez cette théorie : si vous plongez une grenouille dans une marmite d’eau bouillante, elle est surprise et réagit vivement : alors elle saute, et parvient à échapper à la mort. En revanche, si vous la plongez dans l’eau froide et que vous allumez le feu, alors, elle s’habitue, et fini par être piégée. Mieux vaut parfois regarder la réalité en face.

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