LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
La candidate du Front national, prise en photo par l'un de ses soutiens, mardi 25 avril sur le plateau de TF1.

Et pendant ce temps, Marine Le Pen déroule...

8 min
À retrouver dans l'émission

Les divisions politiques et les polémiques médiatiques autour d'Emmanuel Macron laissent le champ libre à la candidate du Front national.

La candidate du Front national, prise en photo par l'un de ses soutiens, mardi 25 avril sur le plateau de TF1.
La candidate du Front national, prise en photo par l'un de ses soutiens, mardi 25 avril sur le plateau de TF1. Crédits : Martin Bureau - AFP

La politique, comme le journalisme, c'est l'art des priorités. Celle du moment, en l'occurrence, semble être de savoir si M. Macron a fauté en réunissant ses soutiens dans une brasserie cossue au soir du premier tour.

Qu'importe que le Front national ait totalisé près de 8 millions de voix, l'abstention 10 millions d'inscrits, les votes blancs et nuls presque un million de bulletins.... le débat majeur, primordial, essentiel, est celui-ci : le candidat d'En Marche a-t-il eu tort de s'accorder une pause festive pendant deux heures ?

Bien sûr, l'ambiance de fête à la Rotonde est dérangeante par son aspect triomphaliste. Évidemment, l'excès de confiance est à proscrire. Dans l'histoire politique, nombreux sont ceux qui ont eu la tentation de chanter et de boire dès le premier tour... sans anticiper qu'ils pourraient déchanter face aux déboires du second. A l'image de François Mitterrand en 1974 :

"avec près de 44% des suffrages dès le premier tour, j'en suis exactement au point où se sont trouvés le général de Gaulle en 1965 et M. Pompidou en 1969, qui furent élus au deuxième tour. Les conditions du succès sont d'ores et déjà réunies".

Il sera battu (de peu) par Valéry Giscard d'Estaing. Mais revenons à 2017. Cette focalisation sur la soirée de la Rotonde dit quelque chose de la campagne que nous vivons.

D'abord, cette campagne a été marquée du sceau des "affaires". Chaque fait et geste est désormais analysé selon le prisme de l'exemplarité, voire de la frugalité, de l'ascétisme. Jusqu'à l'excès ?

Deuxième élément : tout se passe comme si une partie de la presse avait intégré les critiques de Marine Le Pen sur le « système », intériorisé ses allégations sur les médias qui seraient unanimement pro-Macron... Et comme s'il fallait donc expier, démentir cette accusation, en tirant sur le rival du FN.

Et pendant ce temps, la candidate du Front national est laissée relativement tranquille...

Dans une campagne, il existe un moment très dangereux pour les candidats : celui où ils deviennent favoris. Leur programme est alors passé au laser, leur personnalité à l'essoreuse. Deux exemples : ce fut le cas pour François Fillon juste après la primaire. Tout le monde a semblé découvrir que son programme prévoyait de diminuer le rôle de la Sécu au profit d'assurances-privées. Même mécanisme, plus récemment, avec Jean-Luc Mélenchon. L'"insoumis" menait campagne depuis plus d'un an, mais c'est précisément au moment où les sondages l'ont classé parmi les potentiels qualifiés pour le second tour... que sa proposition controversée d'adhésion à l'Alliance bolivarienne a été relevée.

Or, ce "seuil de l'essoreuse", Marine Le Pen ne semble pas l'avoir atteint. Pourquoi ?

Est-ce parce que sa victoire n'est pas réellement envisagée ? Comme si l'hypothèse était exclue ? Toujours est-il que depuis dimanche soir, elle déroule tranquillement ses éléments de langage.

Sans mal, hier soir sur TF1, elle a ainsi pu citer en modèle les droits de douane de la Suisse, à "55% sur les produits agricoles", l'exemple du "protectionnisme intelligent". Manque de chance, selon une enquête de la Radio télévision suisse, ces droits sont en moyenne à 5,1%.

Qu'importe, à l'ère des fake news : pendant ce temps, d'autres discutent du sexe des anges, du menu de la Rotonde, ou de la place des virgules dans les communiqués appelant à "faire barrage".

Chroniques
8H19
18 min
L'Invité(e) des Matins (2ème partie)
Protectionnisme vs Libre-échangisme : le nouveau clivage politique ? (2ème partie)
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......