LE DIRECT

François Hollande, dé-con-trac-té !

2 min
À retrouver dans l'émission

Le président donne des signes d'optimisme, est-ce normal ?

En pages “Événement” ce matin, Le Figaro s’étonne, encore (et c’est un peu un “marronnier”, depuis 4 ans), de l’état d’esprit, toujours jovial et décontracté, de la sérénité contre vents et marées, du chef de l’état. Soupçonnant un “excès d’optimisme”, le quotidien persiste à vouloir écrire la chronique, déjà pourtant bien documentée, de l’insubmersible président Hollande. Avec des témoignages, comme celui de ce “visiteur”, cité dans l’article : “C’est incroyable, on a l’impression que rien ne l’atteint vraiment : il est en acier trempé”.

Mais comme est-ce possible, alors que les nuages s’accumulent sur la Hollandie : entre le contexte social explosif, la majorité aux abois, et ce sondage, publié sur la même page, indiquant que 87% des sympathisants du PS souhaitent l’organisation d’une primaire à gauche, pour la désignation du candidat en vue de la présidentielle de l’an prochain ?

Pire : pour l’ensemble des sympathisants de gauche, toujours d’après cette enquête TNS Sofres pour Le Figaro, François Hollande n’arrive qu’en 5ème position des candidats préférés, loin derrière (dans l’ordre) Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Hulot, Manuel Valls, et Emmanuel Macron.

Ce n'est qu'un sondage, on est d’accord, ça ne veut rien dire. Mais c’est vrai que la défiance envers le chef de l’état, y compris, et peut-être même surtout, à gauche, est bien réelle. Hier, par exemple sur cette antenne, Arnaud Montebourg, comme tant d’autres l’ont fait avant lui, a totalement balayé l’hypothèse Hollande au deuxième tour, en 2017. Pour lui, s’il n’y a pas de primaires, c’est fini pour la gauche, et c’est vrai qu’ils sont nombreux à penser ça. Et pourtant, le président (normal et bonhomme), continue à faire de l’humour lors des cérémonies de remise de décoration, et à se montrer décontracté, en coulisses.

Mais plutôt que de s'en étonner, encore et toujours, il vaudrait peut-être mieux se demander ce qui fait que François Hollande a en réalité raison, quand il avance qu’il n’y a pas (en tout cas pour l’instant) “d’alternative à gauche ?”.

Car tout le monde sait qu’un candidat déclaré ne fait pas une alternative, au contraire : plus ils seront nombreux, et moins ce sera facile pour eux d’affronter un président sortant. Et sans primaires, Lienemann, Hulot, Duflot, Laurent, Macron, Mélenchon, Hamon, Montebourg, pourraient finir par s’annuler les uns les autres dès les premiers frimas de l’automne.

A un moment où, d’après une note publiée par l’INSEE hier, Hollande a une chance de réussir sa propre primaire, sa primaire à lui tout seul : celle qui consiste à lier sa candidature à une inversion de la courbe du chômage. Quoi d'étonnant que pour l'instant, à l'Elysée, ce soir : "Keep Cool and Carry On" ?

Chroniques

8H18
39 min

L'Invité des Matins (2ème partie)

Brexit or not Brexit ? Les Matins en direct de Londres (deuxième partie).
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......