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Reuters

François Hollande est-il politiquement mort ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Les sondages quotidiens ressemblent chaque jour un peu plus à des faire-part.

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C’est une question qu’on ne peut s’empêcher de se poser, tant les sondages quotidiens ressemblent désormais à des faire-part.

Pour un peu, on y lirait : "François Hollande (2012-2017)", avec cette épitaphe, en forme d’ultime boutade : « ça va mieux ».

Les chiffres sont accablants : selon l'enquête réalisée conjointement par le Monde et le CEVIPOF (abonnés), 1% des Français se déclarent "très satisfaits" de François Hollande, et 4 % "satisfaits". Cela fait donc un socle de 5%. Les intentions de vote s'érodent elles aussi, de 14 à 16%, selon le nom de son adversaire à droite.

On ne sait comment le dire autrement : François Hollande aura patiemment dilapidé son capital politique acquis à gauche en 2012. Dilapidé auprès de la gauche sociétale avec la déchéance de nationalité. Dilapidé auprès la gauche sociale avec la loi travail et le pacte de responsabilité.

Les moments où il a incarné la nation, suscité le respect (après les attentats notamment) n’y changeront sans doute pas grand-chose. Pas plus que sa vision - incontestable - dans quelques domaines trop oubliés, comme le numérique ou l’accès aux soins médicaux.

Ce mandat de François Hollande est comme l’éternité, il semble long, surtout vers la fin.

Le paradoxe ? Malgré cette vaste désolation, chacun au PS se prépare à retourner au combat pour 2017 : "tous derrière et lui devant", comme le petit cheval blanc. Aucune candidature alternative ne semble se dégager, et même Arnaud Montebourg ne fédère pas les déçus.

Alors par quel miracle un ambitieux quelconque n’a t-il pas pu se hisser en position de contester le président sortant ?

Il faut lire cet article du Financial Times, paru ces jours-ci, "the new French Royalty". Son auteur, Simon Kuper, détaille avec humour cette nouvelle monarchie française, avec une expérience vécue :

"Le roi est moqué derrière son dos, mais flatté quand il est là. Une fois, écrit-il, j'ai vu Hollande débarquer à l'improviste, répondant à une invitation dans une belle propriété. A l'époque il atteignait déjà des records d'impopularité, et pourtant il a immédiatement été entouré par les flatteurs".

Cet effet de cour, qui semble autoriser une candidature de droit divin, n'est pas le seul responsable.

Il y a aussi, dans l'entourage de l'actuel président, cette croyance presque chamanesque, que la politique est un sport qui se joue à plusieurs et où à la fin c'est Hollande qui gagne.

Ils ont en tête le Jacques Chirac de 1994, au fond du seau un an avant le scrutin. Ils ont en tête, le François Hollande de 2011, monsieur 3% à l'époque, qui l'a finalement emporté. Ils l'ont vu, avant cela, au PS, renaître de ses cendres. Ils l'ont vu, dans le marigot socialiste, retourner des situations désespérées, passer des accords sinueux de dernière minute, établir des synthèses qui engluent tous ses rivaux, et finir par gagner, par rester à la tête du parti à la rose pendant onze ans, plus que François Mitterrand.

Dans l'entourage "hollandais", règne donc cette croyance diffuse : si la stratégie est incompréhensible, c'est qu'elle est forcément très intelligente.

Ce dernier carré de fidèles refuse d'admettre le sort le plus probable, pour le monarque républicain socialiste : un enterrement politique à brève échéance, sans roses ni couronne.

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