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François Hollande, à l'issue de son discours salle Wagram à Paris, le 8 septembre 2016.

François Hollande, la démocratie et le terrorisme : "choses vues" salle Wagram

3 min
À retrouver dans l'émission

François Hollande a prononcé un discours-cadre sur le terrorisme, destiné à ancrer sa candidature pour 2017.

François Hollande, à l'issue de son discours salle Wagram à Paris, le 8 septembre 2016.
François Hollande, à l'issue de son discours salle Wagram à Paris, le 8 septembre 2016. Crédits : Christophe Ena - AFP

Vous étiez hier salle Wagram, pour le discours de François Hollande sur la démocratie et le terrorisme. Un discours de quasi-candidat. Qu'avez-vous vu, qu'avez-vous entendu ?

"Démocratie et terrorisme", le visiteur est mis dans l’ambiance tout de suite : plusieurs fourgons de CRS, une partie de l’avenue Wagram coupée à la circulation, des dizaines de policiers en uniforme et en civil… Pour entrer, il faut franchir quatre contrôles, identité, accréditation, fouille du sac, et même chiens à la recherche d’explosifs.

Dans la file d’attente, devant les portiques de sécurité, c’est une grande famille. La plupart des invités sont des membres du PS, ou des proches des fondations Jean-Jaurès et Terra Nova, bises et tutoiement général. Pas de frondeurs à l’horizon, tout juste croise-t-on le fidèle de Martine Aubry, François Lamy… Et à côté de la salle Wagram, seule la présence d’un magasin Habitat projette un instant l’ombre d’Arnaud Montebourg.

A l’intérieur, les invités prennent place. 800 fauteuils sous les quatre lustres géants ; les journalistes sont eux placés sur les balcons. Gaspard Gantzer, le monsieur communication du chef de l’Etat, arrive, pressé, pour les saluer. L’un des journalistes lui souhaite "bon anniversaire" au passage, on ne sait jamais… On regarde le premier rang en bas, par-dessus la balustrade. En attendant l’arrivée de François Hollande, Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault s’ignorent ostensiblement, pendant que Jean-Vincent Placé serre les mains de l’ensemble des trois premiers rangs.

Au micro, une voix annonce au public qu’il sera "filmé pendant toute la durée de la conférence, par une caméra à 360°" - précision sans doute primordiale, mais dont on a du mal à saisir l’importance sur le coup. François Hollande arrive, la salle lui fait un triomphe. S’il reste 13% de Français favorables à son action, ils sont là.

Le discours - vous en avez eu l’écho - alterne des moments graves sur la démocratie menacée, et des piques, des tacles, en direction de la droite.

Son adversaire, son principal adversaire, n’a pas de nom, pas de visage. Et pourtant c’est bien Nicolas Sarkozy. Il y a des accents des meetings de 2012, la salle se régale, elle bruisse de plaisir comme si elle retrouvait un vieil amour perdu de vue.
Elle est aussi parfois interrogative, elle chuchote. Face aux allusions alambiquées du chef de l’État, elle se demande parfois qui est vraiment visé : par exemple dans ce passage, est-ce Emmanuel Macron ou Donald Trump ?

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Le président poursuit par un éloge de la laïcité, le rejet d’une loi sur le burkini ; il recense ses réformes économiques : le tiers payant, la garantie jeunes, la prime d’activité. Le texte du discours est précis, travaillé, il part immédiatement en tweets calibrés, en vidéos sur Snapchat.

Et puis il y a les mots qui ne sont jamais prononcés : "chômage", par exemple. Entre les lignes, on entend même que la baisse n'est plus une condition sine qua non pour se présenter, car "l'essentiel", désormais, "c'est la démocratie".

Alors ce discours est-il un bilan ou une projection ? La péroraison est explicite : François Hollande évoque son "combat pour la France", "dans les mois et les années à venir". Longs applaudissements, François Hollande descend de scène puis y remonte, il se lance dans un bain de foule ; il est arrivé président, il repart candidat.

A l’extérieur, les Hollandais donnent l’impression d’avoir vu un coin de ciel bleu, après quatre ans de tempête. Quelques membres de l’appareil PS restent en évidence devant les portes, l’air faussement dégagé, en attendant qu’un micro se tende.
Plus loin, discret, l’un des rédacteurs du discours est aux anges : Vincent Feltesse, conseiller élyséen, estime avoir réussi à "camper un paysage" pour la campagne ; "on a formalisé une offre", dit-il, avant de s’éclipser. Et c’est vrai qu’il y avait du souffle, des arguments, une vision, et des coups donnés aussi, dans ce discours. Le paradoxe de tout cela, c’est que François Hollande s’est posé en rassembleur de tous les Français, devant un public de fidèles triés sur le volet.

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