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François Hollande menace de dire "non" au TAFTA

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Le traité de libre échange entre les États-Unis et l'Europe est actuellement en cours de négociation.

Ce n'est pour l’heure qu’une menace, mais le coup de poing sur la table, hier, du chef de l’état sur le TAFTA, a été retentissant : pas question, a-t-il expliqué, de signer un traité qui reviendrait à brader l’agriculture française, à remettre en cause les normes sanitaires et environnementales, et à menacer le principe de réciprocité dans les échanges économiques.

Mais voilà, le non de François Hollande "à ce stade des négociations", n’est pas un non définitif : c’est un non de cadrage, destiné à essayer de réorienter les discussions, pour l’heure déséquilibrées entre les négociateurs des deux côtés de l’Atlantique.

Et, même si Mathias Fekl, secrétaire d’état au commerce extérieur, est allé un peu plus loin, toujours hier, en parlant ouvertement d’un “probable” arrêt des négociations, on observe un certain scepticisme dans la classe politique, et dans les associations environnementales (comme France Nature Environnement). D’abord, parce que c’est surtout un non politique, qu’a prononcé hier François Hollande. Un non “de façade”, estime pour sa part Nicolas Dupont-Aignan. Florian Philippot, autre souverainiste, n’en pensant pas moins.

Yannick Jadot, chez les Verts, est un peu sur la même ligne, qui estime que les déclarations de l’exécutif vont dans le bon sens, mais qu’il faudrait peut-être aussi penser tant qu’on y est à remettre en cause le CETA, traité de libre échange, lui aussi en cours de négociation, avec le Canada.

C'est un manque de sincérité qui est reproché à François Hollande ?

Pas seulement. Bien sûr, tout le monde voit le coup politique qui est joué par le désormais candidat Hollande : “moi re-président, je n’accepterai pas le libre-échange sans règle”. Ça colle bien dans sa stratégie actuelle de reconquête de la gauche, qu’il a besoin de ressouder, un peu comme Lionel Jospin l’avait fait, en 1998 en enterrant l’AMI, un accord visant à faciliter les investissements multilatéraux.

C’est d’autant plus facile que le TAFTA n’a plus guère de soutiens, en France. Les avis négatifs semblent majoritaires, et pas uniquement dans l’opinion publique ou chez les souverainistes : Bruno Le Maire, François Fillon, Nicolas Sarkozy ont récemment exprimé leurs doutes sur l'accord.

Le problème en réalité, c’est qu’on ne sort pas des négociations comme ça. La France n’en a pas le pouvoir, puisqu’elle a donné mandat à l’Union Européenne, il y a déjà trois ans, et que les négociations vont continuer, toujours en secret. Sans qu’on sache officiellement ni jusqu’à quand, ni sur quelles bases. Et sans probablement que les déclarations de François Hollande ne pèsent véritablement, ce qui est quand même problématique.

Qu’un président sortant se transforme en candidat, c’est bien dans l’ordre des choses. Qu’il se contente de la posture du lanceur d’alerte, c’est plus inédit.

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