LE DIRECT
Nicolas Hulot

Hulot : pourquoi un non-événement fait-il l'événement ?

3 min
À retrouver dans l'émission

"J'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle" : Nicolas Hulot a donc mis fin au suspens, hier soir. Alors pourquoi cette annonce fait-elle tant de bruit ?

Nicolas Hulot
Nicolas Hulot Crédits : Radio France

D'abord par sa simplicité (un simple communiqué de quelques lignes). L'ancien animateur de TF1 n'a pas eu la vanité de s'inviter au 20 heures. Ni l'orgueil de faire languir tout le monde jusqu'au dernier moment.

Ensuite et surtout, cette phrase ("je ne suis pas candidat à la présidentielle") devient une rareté : avec 13 candidats déclarés à droite, le FN et le parti de gauche déjà en campagne, la primaire des socialistes en janvier... la pénurie de prétendants n'est pas pour demain.
Dans cette démocratie touchée par la fièvre présidentielle et par la lassitude démocratique, l'on compte toujours plus de candidats et toujours moins d'électeurs.

Il est tentant de comparer cet défection, cet "Hulot-Exit", au renoncement de Jacques Delors. En 1994, sur le plateau d'Anne Sinclair, souvenez-vous, il avait annoncé sa décision de ne pas être candidat :

Écouter
7 sec
Billet politique 1 : Delors renonce

Et Jacques Delors d'égrainer ses raisons, politiques (un peu) et personnelles (beaucoup). C'est là où le parallèle trouve sa limite. Car Nicolas Hulot, dans son communiqué, nous dit autre chose. Sans doute plus révélateur : "je ne peux pas endosser l’habit de l'homme providentiel. Je ne me sens ni suffisamment armé, ni suffisamment aguerri".

En d'autres termes, nous dit Hulot, il n'y a pas de place pour les candidats non obsessionnels, non cuirassés, pour ceux qui n'y pensent pas depuis leur naissance. Y compris en mettant leurs chaussettes, comme disait Mitterrand, ou en se rasant, comme dirait l'un de ses successeurs.
Cette défection, c'est aussi la déception de ceux qui croyaient venu le temps de Mr. Smith, ce candidat naïf et candide dans le film de Frank Capra, qui finit par battre ses adversaires les plus roués.

Alors Nicolas Hulot n'est-il un peu douillet ?

Rappelons - c'est l'autre différence avec Jacques Delors - qu'il a déjà tenté une candidature à la présidentielle. C'était à la primaire des Verts en 2011. Il est venu, il a vu, il fut vaincu... par Eva Joly, après une avalanche de coups bas et de polémiques.

Ce retrait n'est en fait pas vraiment une surprise : la preuve, c'est que Nicolas Hulot, depuis des semaines, était encensé chez les Verts, et notamment par les proches de Cécile Duflot.
Ceux qui fréquentent le parti le savent : quand vous faites consensus chez les écologistes, c'est en général qu'il y a anguille sous roche... et que vous êtes jugé plutôt inoffensif.

Hulot out : ce matin, l'événement politique est donc un non-événement. Une non-candidature qui fait plus de bruit que bien des candidatures. Nicolas Hulot semble nous dire : "j'aime trop la chose publique pour m'abaisser à la présidentielle". Vis-à-vis du peuple français, c'est un peu la version démocratique de la Non-demande en mariage de Brassens :

Écouter
1 min
Billet politique 2 - Brassens

Frédéric Says

L'équipe
Production
À venir dans ... secondes ...par......