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Greener London Hustings at Royal Society of Medicine, One Wimpole Street, London

Il y a du Trump dans la vie politique française...

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...mais y'a-t-il du Khan ?

Greener London Hustings at Royal Society of Medicine, One Wimpole Street, London
Greener London Hustings at Royal Society of Medicine, One Wimpole Street, London Crédits : Julie Edwards - Maxppp

Le parcours de Donald Trump dans la campagne des primaires républicaines américaines... ce cheminement qui lui a permis de passer du paria qu’il était (clown ridicule, idiot utile servant à son camp, en début de processus, pour mobiliser les électeurs) au candidat désormais incontournable du Grand Old Party, en mesure d’affronter Hillary Clinton en novembre, est riche d’enseignements.

En quelques mois, Trump aura battu quuinze candidats beaucoup plus expérimentés que lui, et se sera finalement imposé comme probable finaliste dans la course à la maison blanche, alors qu’il y a à peine un an, deux tiers des sympathisants républicains se bouchaient encore le nez quand on leur parlait du milliardaire. Oui, cet avènement de Trump restera dans l’histoire politique des États-Unis, et fera également référence à l’extérieur.

Notamment ici en France. Où on assiste avec autant d’étonnement à ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique, qu’à ce qui se passe à Londres. Où Sadiq Khan, un candidat musulman, d’origine pakistanaise, fils de chauffeur de bus parti de rien, est grand favori pour les élections municipales, et pourrait, ce soir, devenir maire de la plus grande ville d’Europe. Jamais aucun de ces deux types de profils, radicalement différents, n’a été repéré, évoluant à un niveau aussi haut de la vie politique française.

Est-ce que ce genre de candidature pourrait arriver ici ?

Peut-être. On connaît déjà bien certains caractères du trumpisme, dans lesquels d’ailleurs Jean-Marie Le Pen s’est beaucoup reconnu (il l’a dit). C’est vrai qu’en matière de populisme et d’instrumentalisation de la peur et de la xénophobie, le fondateur du Front National n’a rien à lui envier. Bernard Tapie, aussi, avait son côté Trump (du côté du portefeuille). Nicolas Sarkozy également, qui, en jouant la rupture, a su remettre en cause, comme Trump, l’héritage de son camp, et capitaliser sur ses échecs, ses erreurs et ses renoncements, ça avait été payant. Toujours à droite, il faut citer Laurent Wauquiez, qui trouve Trump “inspirant”, et qui aime bien cette idée de l’homme providentiel, jouant la base contre les élites, et qui d’après le numéro 2 de LR, ne ressemble pas à un robinet d’eau tiède.

Oui, il y a du Trump dans la vie politique française. On en voit à peu près autant qu’on constate l’absence, à gauche, de l’équivalent de Sadiq Khan, le candidat travailliste à la mairie de Londres, capable de promettre le rassemblement des communautés, de parler de solidarité, de parler d’Europe dans un contexte britannique pas franchement favorable en ce moment, et revendiquant d’avoir voté le mariage homo, ce qui, dit-il, lui a valu des menaces de mort dans sa propre communauté.

Ce profil là, en France, n'existe pas encore.

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