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Jusqu'où peut aller Jean-Luc Mélenchon ?

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Fort de ses quatre millions de voix en 2012, le candidat doit maintenant lever ses ambiguïtés.

On croit parfois que la politique consiste à cacher ses intentions le plus longtemps possible, selon le bon vieux précepte de Mazarin : « simule et dissimule ». Et puis il suffit d’écouter Jean-Luc Mélenchon pour être démenti.

L’homme ne s'embarrasse pas de stratégie au 8eme degré, de coup de billard à six bandes. Pas de tergiversation sur ses envies présidentielles, pas de pseudo introspection au moment du rasage : il est candidat. La stratégie est simple : fédérer l'extrême-gauche, ajouter les déçus de François Hollande, y agréger les électeurs de sensibilité écologiste. Cela prend - pour l’instant - à en juger par les quelques milliers de personnes rassemblées hier.

Plus structurellement, Mélenchon dispose d’un atout de taille : de même qu’en 2012, François Hollande a bénéficié de son contraste avec Nicolas Sarkozy (« président normal »), Jean-Luc Mélenchon bénéficie aujourd’hui de son contraste avec François Hollande.

L’un harangue, l’autre synthétise ; l’un est candidat, l’autre fera semblant d’hésiter jusqu’à décembre. L’un cite des poètes, l’autre cite plus volontiers des courbes et des déficits ; l’un a les lettres, l’autre a les chiffres.

Loin de la synthèse, et du compromis social-démocrate revendiqué par l’Elysée, Mélenchon, amateur de Robespierre, soutient la CGT contre Pierre Gattaz. Et contre François Hollande, qu'il compare régulièrement à Louis XVI. Rassurez-vous, pas de projet de ressortir la guillotine : il n'est question de « raccourcir » personne – si ce n'est l'accès à l'électricité du patron du Medef dans sa résidence secondaire.

Cela dit, le candidat Mélenchon doit encore lever un certain nombre de contradictions. D'abord sur l’Europe et l’euro, domaines dans lesquels les précisions sont remises à plus tard. Ensuite sur la méthode : lui, le candidat qui se rêve en unificateur de l'autre gauche peut-il vraiment se passer des communistes ? En 2012, aurait-il atteint ce score (11%), sans l'appui logistique de l'appareil communiste. Le PCF, certes vieillissant mais toujours implanté, dispose de la structure militante indispensable pour une campagne (tracts, affiches, porte-à-porte). Quand le Parti de gauche, fondé par "Méluche", ressemble lui à un groupe d'adorateurs, dont on pourrait presque compter les membres un par un.

De même, comment comprendre que Mélenchon, contempteur acharné de la Vème république et de son présidentialisme, fasse valoir sa candidature comme le fait du prince ? Sans débat, sans accord, sans vote, sans primaire : il y a là comme un parfum d'autocratie. Une sorte de 49.3 de la candidature présidentielle ?

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