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La campagne de 2017 ressemblera-t-elle à celle de 2002 ?

5 min
À retrouver dans l'émission

Ces dernières années, la question de la sécurité quotidienne a été éclipsée par d'autres thèmes (montée du terrorisme, débat sur l'identité, controverse sur la courbe du chômage). Sous la pression des événements, ferait-elle son retour ?

C’est une manifestation quasi-improvisée. Quelques SMS auront suffi à rassembler 500 policiers de nuit les Champs-Élysées, pour dire leur colère, leur sentiment d’impuissance face aux agressions.

C’est un professeur de CE2, roué de coups devant ses élèves à Argenteuil, après qu'il a réprimandé une élève turbulente.

Ce sont deux urgentistes, frappés et menacés à Tourcoing par une famille.

Il y avait eu, le mois dernier place de la République à Paris, cette grande manifestation de Chinois et de Français d’origine chinoise, cibles d’agressions de plus en plus nombreuses et de plus en plus violentes.

La question de la sécurité au quotidien ferait-elle son grand retour ? En 2002 elle avait été au centre de la campagne présidentielle. Puis, ces dernières années, face à la crainte du terrorisme, face aux promesses sur la courbe du chômage, le thème de la "sécurité de tous les jours" était un peu sorti des radars médiatiques. Ou plutôt il était resté cantonné aux pages faits-divers, et non aux pages politiques, comme si ce n’était plus un enjeu de débat. Il faut dire que la plupart des forces politiques ont tout fait pour l’éclipser, ce débat.

La gauche par inconfort idéologique ("est-ce que la sécurité n’est pas un thème de droite", s’interrogent les hiérarques du PS) ; la droite par inconfort statistique (quand elle était au pouvoir, elle n’a pas réussi à enrayer la montée de la violence).

Dans le détail, l'échec est partagé. A gauche, le dispositif des zones de sécurité prioritaire (ZSP) n'a pas prouvé son efficacité globale, même si la situation s'est améliorée par endroits. Sous la droite, les peines plancher et l’alourdissement des sanctions n’avaient pas non plus produit d’effets massifs.

Il y a donc une forme d'accord tacite de ces partis pour ne plus aborder vraiment ce sujet ; paraphrasant en quelque sorte François Mitterrand sur le chômage : "contre l’insécurité on a tout essayé".

Le seul défaut de ce raisonnement, c’est que le problème ne s’arrête pas d’exister parce qu’on l'ignore. Et que le réel a cette fâcheuse tendance : il rattrape toujours ceux qui l’évitent. A quelques mois de la présidentielle, le Front national n’a plus besoin d’en rajouter, il se contente d’attendre que le fruit tombe. Le parti de Marine Le Pen commente avec application chacun de ces faits-divers, pour mieux accuser ceux qui en détournent le regard.

Une campagne de communication gratuite et décomplexée. Relayée avec peu de moyens mais une puissance certaines par ce qu’il est convenu d’appeler la "fachosphère", comme le relèvent les journalistes David Doucet et Dominique Albertini dans leur livre récemment paru.

Alors, y’a-t-il des thèmes d’extrême-droite ? Non, il y a des réponses d’extrême-droite à des thèmes communs. Et dans le climat ambiant de désertion intellectuelle, il est à craindre pour la campagne que ces réponses-là ne jouissent d’une forme de monopole.

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