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Evolution des comptes publics depuis 2000

La campagne se jouera-t-elle sur la dette et les déficits ?

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Dans son rapport, la Cour des comptes affiche son scepticisme sur la trajectoire budgétaire du gouvernement.

Evolution des comptes publics depuis 2000
Evolution des comptes publics depuis 2000 Crédits : Visactu - Radio France

On commence avec un petit exercice de traduction : savez-vous dire en langage administratif : "arrêtez de nous prendre pour des benêts avec vos prévisions ineptes" ?

Non ? Réponse : les prévisions « sont affectées de fragilités majeures ». Voici en tout cas ce qu'écrivent les magistrats de la Cour des comptes, dans leur rapport dévoilé hier sur la trajectoire de réduction des déficits.

Dans son style policé, sobre, qui ne craint pas la litote, la Cour des comptes démolit les prévisions du gouvernement et fait comprendre que le passage sous les fameux 3% l'an prochain ressemble moins à un compte public crédible qu'à un conte pour enfants juste avant la présidentielle.

Dans le détail, les magistrats de la Cour se font des cheveux blancs pour 2017 : ils listent les dépenses supplémentaires annoncées ces derniers mois par François Hollande : augmentation des crédits militaires, dégel du point d'indice, aide à l'entrée sur le marché de l'emploi pour les jeunes, aides aux agriculteurs... "Il n'y a aucune place pour des décisions nouvelles conduisant à des hausses de dépenses", tranche la Cour.

Elle relativise aussi les économies prévues, qu'elle juge surestimées.

Alors certes, ce ne sont que des anticipations. Comme dirait Pierre Dac : "les prévisions sont toujours difficiles, surtout lorsqu'elles concernent l'avenir". Mais ce rapport de la Cour des comptes vient fragiliser l'un des rares atouts de François Hollande.

Car le président - et peut-être bientôt candidat - n'a cessé de revendiquer depuis 2012 le fameux "sérieux budgétaire"...

Oui, les amis de François Hollande veulent bien reconnaître le manque de charisme, les hésitations, l’ambiguïté... mais il y a un point sur lequel ils refusent de baisser la tête : c'est le fameux redressement, le sérieux budgétaire, selon la terminologie officielle : ces objectifs que François Hollande, lui même ancien de la cour des comptes, a sacralisés. Amateur de graphiques, de colonnes de chiffres et de courbes qui s'inversent ou pas, le chef de l’État a gagé sa crédibilité sur ce principe : faire descendre les déficits sans casse sociale. Cet avertissement vient donc saper l'un des piliers du Hollandisme.

Certes, l'avertissement de la Cour des comptes doit se relativiser sur la longue période : si l'on regarde la courbe de l'endettement sur les 20 dernières années, contrairement aux idées reçues, la gauche est plutôt fourmi et la droite est plutôt cigale, à l'exception notable de Dominique de Villepin. Cela dit, si l'on se plonge dans les documents de campagne de 2012, le candidat Hollande prévoyait un déficit de... 0% en 2017. Nous serons - au mieux - en dessous des 3%. "Rien n'est plus vieux qu'un journal de la veille", disait François Mitterrand ; hélas, rien n'est plus vieux non plus qu'un programme présidentiel une fois l'élection passée.

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