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François Fillon aux commandes d'un char le 17 septembre 2007 à Angoulême

La "nouvelle campagne" impossible de François Fillon

4 min
À retrouver dans l'émission

Lundi, François Fillon, lors de sa conférence de presse, avait terminé son propos liminaire par ces mots : "dès ce soir, j'annonce ici même que c'est une nouvelle campagne qui commence". Campagne difficile à l'aune du "dégagisme" à l'oeuvre en France.

François Fillon aux commandes d'un char le 17 septembre 2007 à Angoulême
François Fillon aux commandes d'un char le 17 septembre 2007 à Angoulême Crédits : PATRICK BERNARD / AFP - AFP

"Nouvelle campagne", cela n'est pas sans rappeler Manuel Valls qui avait lui aussi eu ses mots à l'avant-veille du second tour. Pour galvaniser ses troupes, sentant bien que la bataille s'annonçait tout de même compliquée, il avait annoncé "lundi, c'est une nouvelle campagne qui commence". Pourtant tout semblait écrit, il y avait eu la farine à Strasbourg, la gifle dans les Côtes d'Armor.

"Il a déjà pris les baffes qu'il fallait prendre, il continuera" - Une militante pro-Valls

Il n'y avait, à l'image de cette femme, que les militants les plus combatifs pour y croire encore. Pourtant à chacune de ses sorties, Manuel Valls avait droit à un comité d'accueil. Presque tous ses meetings étaient interrompus par des cris de protestation comme à Paris le 20 janvier.

"49-3 on n'oublie pas !"

La vague du "dégagisme" comme l'appelle un autre candidat Jean-Luc Mélenchon s'inspirant d'une expression des printemps arabes a emporté Nicolas Sarkozy, Manuel Valls... et François Fillon pourrait bien être lui aussi balayé par cette même gronde, par cette même colère. Car force est de constater que cette "nouvelle campagne", comme François Fillon l'a qualifiée, est impossible à mener. C'est la campagne contrariée. Avant-hier, à Troyes dans l'Aube, ce sont des salariés de l'entreprise qu'il visitait qui l'ont sévèrement critiqué. A Athis-Mons hier, tout près de l'aéroport d'Orly et malgré des précautions, il n'a pas pu éviter les huées et les bruits de casseroles. A son arrivée, une dizaine de militants de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon l'attendait. Il est intéressant de regarder ce qu'on peut lire sur les pancartes, de voir quels sont les griefs, ce que l'opinion retient.

"Le vol Fillon c'est 160 années de RSA" ou encore "le vol Fillon c'est 10 infirmiers 10 policiers 10 enseignants 10 pompiers". "L'impunité zéro doit être la règle". "Non aux assistés, pilleurs d'état, rembourser".

Vous connaissez l'argument qu'utilise François Fillon pour sa défense, de façon répétée :

"Je n'ai pas enfreint la loi, je n'ai rien à me reprocher quant au respect de la légalité."

Et bien ce n'est pas ça que l'opinion semble retenir. En tout cas, ça ne lui suffit pas. Il y a par dessus tout un problème moral. Une faute morale. Ce ne sont pas les médias qui fixent ce qui est moral ou ce qui ne l'est pas. Mais les Français qui le disent. Ce qui choque ce sont les montants, les chiffres, même pris en nets, ces salaires sont importants.

Nouvelle campagne, mais campagne contrariée, campagne bunkérisée (aurait dit le Général de Gaulle)

Pour éviter trop de mauvaises images, ses communicants multiplient ce qu'on appelle un pool. Une télé, une radio, une agence de presse et deux photographes pour limiter le nombre de journalistes, éviter ces forêts de micros, photographes et caméras. Etre plus mobile, plus rapide, apparaître aussi le plus au contact des Français, autant que faire se peut. Autre illustration. Son équipe de campagne cherche à minimiser les risques et les sorties. Annulé hier soir le dîner annuel des organisations arméniennes de France à Paris où le nom de François Fillon était pourtant écrit sur tous les cartons disposés à côté de chacune des assiettes. Sophie Delpont y a croisé l'une de ses représentantes, la présidente de la région Ile de France, Valérie Pécresse et lui a demandé quelques explications.

"Malheureusement, il avait un engagement déjà pris, et je lui avais suggéré de venir mais il avait déjà son dîner qui était déjà prêt." - Valérie Pécresse, soutien de François Fillon

Annulé aussi cet après midi, sans raison avancée, un déplacement prévu dans un centre pour handicapés dans la Vienne. A l'agenda, ce soir seul est maintenu le meeting au Futuroscope devant une salle pleine de militants, seul lieu ou presque où il peut espérer un peu de ferveur dans cette "nouvelle campagne". Des militants dont certains viendront de Bordeaux en bus. En 2009, François Fillon alors Premier ministre, contrarié à cette époque par sa propre majorité, avait utilisé ce néologisme : "je suis inénervable" leur avait-il lancé. Il va devoir en faire un mantra et s'inspirer d'une phrase célèbre d'un homme de sa famille politique, qu'il verra ce soir près de Poitiers, Jean-Pierre Raffarin.

"Dans cette situation, notre route est droite mais la pente est forte"

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