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La politique clic clac

2 min
À retrouver dans l'émission

La politique, "c'est pas juste tourner un bouton"...

Maxppp

La centrale nucléaire de Fesseinheim fermera avant la fin de cette année, en 2016. Voilà une annonce, faite hier par Emmanuelle Cosse, quelque peu… inattendue. Pas seulement parce qu’elle a été faite par la ministre… du logement, non. Surtout parce qu’on en était tous restés à l’épisode précédent, et à la date de 2018, dans le meilleur des cas, pour l’arrêt des deux réacteurs de la doyenne des centrales françaises…

François Hollande lui-même avait dû reconnaître à l’automne dernier qu’il ne pourrait pas tenir son engagement, pris en 2012, de fermer Fessenheim avant la fin de son mandat. Et Ségolène Royal avait expliqué, de son côté, que “fermer un réacteur nucléaire, ce n’est pas juste tourner un bouton”.

Pour Emmanuelle Cosse, au contraire, “le processus est assez simple pour arrêter un réacteur”. Clic clac. Et voilà que cette fermeture rapide de la centrale, qui arrangerait politiquement l’ancienne patronne des verts en donnant un peu de sens à son entrée à gouvernement, c’est comme si c’était fait.

Avec Emmanuelle Cosse, la politique ce n’est plus l’art du possible. Mais du fastoche.

Mais la politique n'est pas qu'une histoire de boutons

Jamais. Et les responsables politiques de toutes obédiences et de tous temps le savent. On voit bien qu’on ne peut pas inverser la courbe du chômage avec des mantras, pas plus qu’on ne peut utiliser le 49-3 chaque semaine. Même Clémenceau, idole virile et modèle volontariste de Manuel Valls a connu quelques revers dans sa carrière.

Clic clac : c’est pas comme ça que ça marche.

Mais ce qui est vrai pour les responsables politiques l’est aussi de l’autre côté du champ démocratique. Car il n’est pas possible non plus de s'engager, personnellement, dans un combat pour faire changer les choses, de militer à son niveau, sans donner un peu de soi. Sans se frotter à la réalité, sans tâter du débat d’idées, du courant d’air sur la place publique, et du rapport de force quasi physique qu’impose la politique.

D’ailleurs une des grandes questions posées par la période de rupture numérique que nous traversons, trouvera peut-être un commencement de réponse cette semaine : mercredi. Quand un million et cent quarante quatre mille signataires de la pétition en ligne contre la loi travail, dont beaucoup de jeunes, seront invités à passer de l’engagement virtuel à l’engagement physique. À défendre bruyamment des convictions qui pour l’instant ne leur ont coûté qu’un clic.

Seront-ils au rendez-vous ? Valideront-ils dans la rue les méthodes de mobilisation numérique ? Leur donneront-ils corps ? Ou bien laisseront-ils quelques meneurs, dans les frimas de mars, se demander ET Y SONT OÙ ?

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