LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
François Fillon, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy après le deuxième débat pour la primaire de droite

La primaire de droite, en bloc et en détail

3 min
À retrouver dans l'émission

La polémique sur François Bayrou masque un accord global sur le fond des idées - très classiques - entre les candidats.

François Fillon, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy après le deuxième débat pour la primaire de droite
François Fillon, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy après le deuxième débat pour la primaire de droite Crédits : Eric Feferberg - AFP

Après le premier débat, s'était répandue une légère déception, de l'avis général. Quelque chose de trop "formel", de trop "compassé", de trop "rectiligne". Les mots polis du milieu politico-médiatique pour dire qu'il n'y avait pas eu assez de sang sur les murs. Pour un parti qui cherche son Napoléon, les échanges plats et courtois étaient manifestement malvenus.

Hier soir, les règles du débat avaient été quelque peu modifiées. Les candidats ont été autorisés à s'interpeller plus directement ; le réalisateur a pu diffuser ce qu'on appelle des plans de coupe, pour qu'on voie bien Jean-François Copé qui lève les yeux au ciel pendant que Nicolas Sarkozy parle (et inversement). Malgré ces artifices, un débat, trois débats ou dix débats, c’est la même chose : on a compris que sur les sujets régaliens, aucune différence majeure ne séparait les impétrants.

Certes, il y en a un qui préfère 300 000 fonctionnaires de moins, l’autre 150 000. Certes, il y en a un qui privilégie l'embauche de 10 000 policiers, l'autre de 20 000. Certes, il y en a une qui s’interroge sur la dépénalisation du cannabis, quand l’autre veut durcir l’arsenal répressif.

Mais finalement, sur les grands "blocs" du débat, sur les thèmes régaliens, l’ensemble des candidats - à quelques décimales près - sont d’accord. Et c’est heureux, ils viennent globalement du même parti.

Les vrais points de clivage se sont incrustés dans les détails, dans les petites querelles politiciennes. Les mêmes qui nous sembleront aussi vieilles que futiles dans trois mois.

Sur le bilan de la droite, d’abord. Un terrain propice à l’attaque des jeunes loups (Le Maire, Copé, Kosciusko-Morizet), pour qui le mandat sarkozyste a été trop mou, trop faible, trop décevant. De l’autre côté, Nicolas Sarkozy, en cordée avec François Fillon, son ancien premier ministre. Tous deux ligotés par l’héritage qu'ils ont laissé.

La période de campagne a ce don d’électriser des questions dont personne ne se souviendra guère ensuite. En 2012 la grande question était l'accord passé par François Hollande avec les écologistes. "Hollande otage des écolos sur le nucléaire", expliquait Nicolas Sarkozy. François Hollande devait "naufrager les centrales" en vertu de cet accord "scélérat". Cinq ans après, la fin de la centrale de Fessenheim n’en est pas à son commencement.

Autre détail qui sera bien vite remisé dans les poubelles de la primaire : la question des relations avec François Bayrou. Nicolas Sarkozy en avait déjà fait un épouvantail. Il a tenté hier soir d’en faire un Frankestein, une créature juppéiste qui échapperait à son maître avant de gouverner la France. La séquence, un peu confuse, fut ponctuée de nombreux lapsus. François Bayrou ou François Baroin ? Alain Juppé et Jean-François Copé ne sont plus très sûrs :

Écouter
13 sec
Billet politique Lapsus

Des affrontements sur des peccadilles pour mieux masquer des idées qui ne se renouvellent guère. A défaut d'hémoglobine, on aurait préféré un peu d'oxygène.

Chroniques
8H19
16 min
L'Invité(e) des Matins (2ème partie)
Quel prix donner à la littérature ?
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......